Home SantéMorts de tigres au Vietnam dues à une infection par le virus de la grippe aviaire hautement pathogène H5N1 porteur de mutations associées à l’adaptation de l’hôte mammifère | La transmission

Morts de tigres au Vietnam dues à une infection par le virus de la grippe aviaire hautement pathogène H5N1 porteur de mutations associées à l’adaptation de l’hôte mammifère | La transmission

by Sophie Martin

Publié le 2024-11-21 14:35:00. Une souche particulièrement virulente du virus H5N1 de la grippe aviaire hautement pathogène (HPAIV) a été identifiée chez des tigres au Vietnam, présentant des similitudes avec les cas humains récents observés au Cambodge et suggérant une adaptation croissante du virus aux mammifères.

  • Des analyses génétiques ont révélé que la souche affectant les tigres (appelée « Tiger H5N1 ») appartient au clade 2.3.2.1e et est étroitement liée à la lignée responsable des infections humaines au Cambodge depuis 2023.
  • La souche présente des mutations spécifiques, notamment une substitution d’acide aminé (E627K) dans la protéine polymérase basique 2, qui pourraient favoriser sa transmission aux mammifères.
  • Entre août et octobre 2024, 47 tigres et 3 léopards sont morts d’une infection par le H5N1-HPAIV dans le sud du Vietnam.

La découverte intervient alors que des foyers de H5N1-HPAIV chez les mammifères, notamment les vaches, ont été signalés dans plusieurs pays, suscitant des inquiétudes quant au potentiel de propagation du virus et à son évolution. Les chercheurs du National Institutes of Health (NIH) ont mené cette étude pour comprendre l’origine de la souche vietnamienne et identifier les mutations qui pourraient expliquer son impact sur les félins.

Les échantillons ont été prélevés sur des tigres décédés dans le sud du Vietnam entre septembre et octobre 2024. L’analyse du génome entier a permis de déterminer que la souche « Tiger H5N1 » partage des caractéristiques génétiques avec le virus circulant chez les humains au Cambodge. La mutation E627K, observée dans la protéine polymérase basique 2, est particulièrement préoccupante car elle a également été identifiée dans les souches H5N1 affectant les patients cambodgiens.

Les scientifiques soulignent la nécessité d’une surveillance continue du virus H5N1 chez les volailles et les mammifères, y compris les humains, au Vietnam et dans les pays voisins. Cette surveillance est cruciale pour prévenir une propagation plus large et évaluer le risque de transmission interhumaine. La capacité du virus à s’adapter aux mammifères et à acquérir des mutations favorisant la transmission représente une menace potentielle pour la santé publique.

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