La transformation numérique de la santé, largement adoptée pendant la pandémie de COVID-19, peine encore à démontrer un retour sur investissement clair pour les établissements de santé, selon une nouvelle étude. Si les dirigeants du secteur reconnaissent le potentiel de la télésanté et des soins virtuels pour améliorer l’expérience patient, la rentabilité de ces technologies reste incertaine.
L’enquête, menée par le cabinet Sage Growth Partners auprès de plus de 100 cadres supérieurs des hôpitaux et des systèmes de santé, révèle que près de 60 % des établissements proposent désormais des soins primaires virtuels et une surveillance à distance des patients. La télésanté pour les accidents vasculaires cérébraux (AVC) est également courante, avec une offre dans la moitié des établissements interrogés.
Cependant, moins de 30 % des répondants estiment avoir obtenu un retour sur investissement significatif grâce à la plupart de ces services virtuels. Seuls 10 % signalent un retour sur investissement notable pour les consultations virtuelles en soins primaires. « Lier l’adoption des investissements dans les soins virtuels aux rendements reste un défi », souligne l’étude.
L’expérience patient est devenue une priorité stratégique pour les établissements de santé. Près de la moitié des dirigeants la considèrent comme leur principale initiative, en forte hausse par rapport aux 14 % enregistrés en 2020. Plus de 80 % des cadres estiment que les outils de santé numérique ont un impact positif sur l’expérience patient, l’engagement des équipes soignantes et l’autonomie des patients dans la gestion de leur santé.
Certains services virtuels se distinguent néanmoins. Le triage virtuel dans les services d’urgence, bien que mis en œuvre par seulement 10 % des établissements, affiche un taux de retour sur investissement significatif de 56 %.
À ce stade, de nombreux établissements envisagent de moderniser leurs plateformes de soins virtuels. Plus de 22 % des dirigeants prévoient de devoir migrer vers une nouvelle plateforme dans les un à trois prochaines années. Cette nécessité de mise à niveau intervient alors que les politiques de remboursement de la télésanté restent incertaines, notamment suite à l’expiration, début mai, des mesures d’assouplissement adoptées pendant la pandémie qui avaient élargi la couverture Medicare pour les soins virtuels.
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