Publié le 20 octobre 2025. Des chercheurs de la Charité à Berlin ont identifié une protéine clé, CLIC1, qui régule l’activité des microglies, les cellules immunitaires du cerveau, ouvrant potentiellement de nouvelles voies thérapeutiques pour lutter contre les maladies neurologiques inflammatoires.
- La protéine CLIC1 joue un rôle essentiel dans la mobilité et la ramification des microglies, assurant une surveillance constante du tissu cérébral.
- CLIC1 contrôle la libération d’une molécule inflammatoire, l’interleukine-1β, par les microglies activées.
- Contrairement à son nom, CLIC1 agit comme une protéine structurelle et enzymatique plutôt que comme un canal ionique dans les microglies.
Les microglies, cellules immunitaires résidentes du cerveau, sont chargées de sa protection. Elles scrutent en permanence leur environnement grâce à de fins prolongements cellulaires, détectant les anomalies, éliminant les déchets et maintenant l’équilibre du tissu cérébral. Le mécanisme précis contrôlant leur mobilité et leur réponse immunitaire face aux agressions reste cependant mal compris. Une équipe de chercheurs de la Charité – Universitätsmedizin Berlin a récemment mis en lumière un acteur central de ce processus : la protéine Chloride Intracellulaire Channel 1, ou CLIC1.
L’étude, menée sur des modèles murins et des échantillons de tissu cérébral humain, a révélé que CLIC1 est crucial pour la morphodynamique des microglies. Les chercheurs ont utilisé la microscopie multiphotonique pour observer la motilité des microglies dans le cerveau de souris, ainsi que des modèles de souris recevant des microglies humaines et du tissu cérébral humain prélevé lors d’interventions neurochirurgicales. Des analyses pharmacologiques et génomiques ont permis d’identifier CLIC1 et de générer une souche de souris dépourvue de cette protéine afin d’étudier son rôle.
Les résultats ont démontré que CLIC1 régule la mobilité et la ramification des prolongements microgliaux, essentiels à la surveillance et à la protection du cerveau. Plus précisément, CLIC1 semble agir comme une protéine d’échafaudage, stabilisant ces prolongements. De plus, elle contrôle la libération d’interleukine-1β, un messager inflammatoire puissant, par les microglies activées. Ces observations ont été confirmées sur des microglies humaines.
Une découverte surprenante a été que CLIC1 ne fonctionne pas comme un canal ionique transportant des ions chlorure, comme son nom le suggère. Les chercheurs ont démontré qu’elle exerce plutôt des fonctions structurelles et enzymatiques au sein des microglies.
Les implications de cette recherche sont considérables. Les microglies étant impliquées dans presque toutes les maladies neurologiques, le contrôle de leur activité pourrait avoir un impact majeur sur leur évolution. En particulier, la régulation de la libération de substances pro-inflammatoires via CLIC1, un processus qui se produit principalement dans les microglies du cerveau humain, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies pour freiner l’inflammation excessive dans le cerveau.
Rifat & Bickel et coll. Le canal intracellulaire chlorure 1 (CLIC1) est essentiel à la morphodynamique microgliale et à la neuroinflammation. Science Advances, 22 octobre 2025.
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