Facebook est accusé de discriminer indirectement les utilisateurs en fonction de leur sexe dans la diffusion de ses publicités d’emploi. Une enquête menée dans six pays, dont la France, révèle que l’algorithme de la plateforme oriente massivement certaines offres vers les hommes et d’autres vers les femmes, renforçant ainsi les stéréotypes professionnels.
La Défenseure des droits a rendu une décision le 10 octobre, relayée mardi 4 novembre par l’organisation Global Witness, estimant que « le système mis en œuvre pour diffuser les offres d’emploi traite différemment les utilisateurs de la plateforme Facebook à raison de leur sexe ». Cette décision, bien que non contraignante, enjoint à Meta, la société mère de Facebook, de prendre des mesures pour garantir la non-discrimination dans la diffusion de ses publicités d’emploi sous trois mois.
L’enquête, menée entre 2021 et 2023 par Global Witness, la Fondation des femmes et Femmes Ingénieures, a consisté à créer des annonces pour cinq postes différents à destination des utilisateurs français de Facebook, sans indication de genre, d’âge ou de situation familiale. Les résultats ont montré que l’algorithme favorisait l’affichage d’annonces pour des postes d’auxiliaire petite enfance, de secrétaire et de psychologue auprès des femmes – jusqu’à 94 % pour l’annonce d’auxiliaire petite enfance publiée en 2022. À l’inverse, les offres d’emploi de pilote de ligne ou de responsable infrastructure informatique étaient majoritairement présentées à des hommes (jusqu’à 85 % pour l’annonce de responsable informatique la même année).
La Défenseure des droits qualifie ce phénomène de « discrimination indirecte en lien avec le sexe ». Elle souligne qu’il s’agirait de la première fois qu’un organisme de réglementation européen reconnaît que l’algorithme d’une plateforme de médias sociaux peut être discriminant en fonction du genre, ce qui constitue une avancée significative.
À ce stade, Facebook France n’a pas répondu aux questions posées par la Défenseure des droits. Meta Irlande, le siège européen de l’entreprise, conteste quant à elle la compétence territoriale de l’instance française pour traiter ce dossier. Facebook France n’a pas non plus donné suite aux sollicitations de la presse concernant cette affaire.
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