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L’infection Mpox déclenche une protection plus forte et à plus long terme que la vaccination, suggère une étude

Publié le 2024-05-16 10:22:00. Une infection au virus mpox (MPXV) confère une immunité plus durable qu'une vaccination, selon une étude menée par des chercheurs belges et néerlandais. Ces résultats soulignent l'importance de stratégies de vaccination ciblées pour maintenir…

L’infection Mpox déclenche une protection plus forte et à plus long terme que la vaccination, suggère une étude

Publié le 2024-05-16 10:22:00. Une infection au virus mpox (MPXV) confère une immunité plus durable qu’une vaccination, selon une étude menée par des chercheurs belges et néerlandais. Ces résultats soulignent l’importance de stratégies de vaccination ciblées pour maintenir la protection de la population.

  • L’infection par le mpox procure une immunité robuste pendant au moins deux ans.
  • L’immunité induite par le vaccin Jynneos diminue avec le temps et nécessite potentiellement des rappels.
  • Les cicatrices sont observées chez près de la moitié des patients infectés, mais les symptômes disparaissent généralement en un an.

Une infection naturelle au virus mpox (anciennement appelé variole du singe) semble offrir une protection plus longue contre une nouvelle infection que le vaccin Jynneos, actuellement utilisé pour prévenir la maladie. C’est la conclusion d’une étude récente publiée dans The Lancet Infectious Diseases, menée par des chercheurs en Belgique et aux Pays-Bas.

L’étude a évalué les conséquences à long terme de l’infection au mpox chez les adultes, la persistance du virus dans différents fluides corporels et l’évolution des anticorps après l’infection ou la vaccination. Les participants ont été recrutés dès 2022, avec un suivi post-infection d’un mois pour certains, et une étude de suivi à long terme comparant les personnes infectées à celles ayant reçu deux doses du vaccin Jynneos (ou une dose pour celles déjà vaccinées contre la variole dans leur enfance) entre août 2022 et janvier 2023.

Sur les 250 participants infectés, 237 ont été inclus dans l’analyse (199 de manière prospective et 38 rétrospectivement). Parallèlement, 210 adultes ayant reçu le vaccin Jynneos ont également été suivis (209 de manière prospective et un rétrospectivement). L’âge médian des participants était de 40 ans, et 96 % étaient des hommes.

Les résultats montrent que 47 % des participants infectés ont été suivis pendant huit mois, 57 % pendant 16 mois et 27 % pendant 24 mois. Dans le groupe vacciné, les taux de suivi étaient plus élevés : 98 % à huit mois, 77 % à 16 mois et 69 % à 24 mois. Des cicatrices ont été observées chez 46 % des patients infectés au huitième mois, 30 % au seizième mois et 32 % au vingt-quatrième mois. Cependant, la plupart des autres symptômes ont disparu dans l’année suivant l’infection.

L’étude a également révélé que le virus mpox n’était pas détectable dans les prélèvements salivaires et ano-rectaux tout au long de la période de suivi. Les 23 prélèvements de sperme analysés au huitième mois étaient également négatifs. Au huitième mois, les personnes vaccinées avec Jynneos et n’ayant jamais été vaccinées contre la variole présentaient des niveaux d’anticorps plus faibles que celles ayant été infectées par le mpox. De plus, seuls 4 % des participants vaccinés ont développé des anticorps neutralisants contre le virus.

« Si la vaccination de rappel s’avère bénéfique, des campagnes de revaccination ciblées seront nécessaires pour maintenir la protection à l’échelle de la population. »

Auteurs de l’étude

Les auteurs de l’étude soulignent la nécessité de mener des recherches supplémentaires pour déterminer si des doses de rappel peuvent améliorer la durabilité de la mémoire immunologique chez les personnes déjà vaccinées. Ils insistent sur le fait que, si les rappels s’avèrent efficaces, des campagnes de revaccination ciblées seront indispensables pour assurer une protection continue de la population.

Dans un commentaire publié dans la même revue, Raianna Fantin, PhD, et Camila Coelho, PhD, de l’École de médecine Icahn du Mont Sinaï, estiment que le succès des futurs vaccins contre les orthopoxvirus, dont le mpox, dépendra de la sélection d’antigènes capables de stimuler une réponse immunitaire durable et une réactivité croisée contre différents virus du groupe.

« L’incorporation de tels épitopes [partie d’un antigène auquel un anticorps ou un récepteur de cellule T se lie] », concluent-elles, « sera essentielle pour développer des vaccins de nouvelle génération plus efficaces. »

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.