Publié le 12 novembre 2024 22:51:00. Les médecins colombiens se voient désormais dotés de nouvelles recommandations pour la prise en charge du diabète de type 2, une maladie chronique en forte progression dans le pays. Ces directives actualisées, les premières en dix ans, intègrent des avancées thérapeutiques récentes visant à mieux protéger la santé cardiovasculaire des patients.
- De nouvelles directives nationales pour le traitement du diabète de type 2 ont été publiées cette semaine.
- Elles mettent l’accent sur des médicaments innovants, les inhibiteurs du SGLT2 et les agonistes du GLP-1, qui réduisent les risques cardiovasculaires et rénaux.
- Le diabète de type 2 touche près de 3 % de la population colombienne, mais plus de la moitié des cas ne sont pas diagnostiqués.
La Colombie renouvelle ses protocoles de prise en charge du diabète de type 2, une maladie qui affecte un nombre croissant de personnes à travers le pays. Promulguées par l’Association colombienne d’endocrinologie, de diabète et de métabolisme, ces nouvelles lignes directrices sont le fruit d’une collaboration entre plus de six entités scientifiques nationales.
Il y a plus de dix ans que les recommandations n’avaient pas été mises à jour. Selon l’endocrinologue Katherine Restrepo Erazo, « il y a eu un changement très important dans les connaissances et les outils thérapeutiques dont nous disposons actuellement pour la gestion du diabète ». L’objectif principal de cette révision est de réduire la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires, la principale cause de décès chez les personnes diabétiques.
Jusqu’à récemment, les traitements disponibles se concentraient principalement sur le contrôle de la glycémie, sans impact significatif sur les risques cardiovasculaires, rénaux ou le poids des patients. Les nouvelles recommandations intègrent désormais des médicaments dont l’efficacité sur ces facteurs a été prouvée : les inhibiteurs du SGLT2 et les agonistes du GLP-1. Ce dernier, notamment, est également utilisé dans le traitement de l’obésité et est commercialisé sous le nom d’Ozempic.
L’histoire de ces médicaments
Les bases des agonistes du GLP-1 (une substance qui se lie à un récepteur cellulaire et produit une réponse) ont été posées dans les années 1970, dans le but de traiter le diabète de type 2, la forme la plus courante de la maladie, caractérisée par une incapacité de l’organisme à utiliser efficacement l’insuline ou par une production insuffisante de celle-ci.
Ozempic fait partie de cette « famille » de médicaments. Son principe actif, le sémaglutide, stimule la sécrétion d’insuline et diminue la production de glucagon, une hormone intestinale qui augmente la glycémie. Lors de la digestion, plusieurs hormones entrent en jeu. Le glucagon, appartenant à la famille des incrétines, est libéré lorsque les glucides atteignent l’estomac, signalant au pancréas de produire de l’insuline. Les médicaments comme Ozempic réduisent la production de glucagon, une hormone naturellement présente dans le corps.
Le premier agoniste du GLP-1 approuvé pour la commercialisation fut Byetta, mis sur le marché aux États-Unis en 2005 pour traiter le diabète de type 2. Des études médicales ont ensuite révélé que ces agonistes pouvaient également induire une perte de poids chez les patients diabétiques. Leur développement a marqué une avancée significative dans la compréhension du fonctionnement du pancréas et de la régulation du glucose.
Les inhibiteurs du SGLT2 agissent quant à eux sur les reins, favorisant l’élimination du sucre excédentaire par l’urine. Jusque dans les années 1980, le rôle des cellules rénales dans la régulation du glucose était méconnu. Des recherches américaines ont alors permis de comprendre comment le glucose est réabsorbé par les reins, identifiant une protéine responsable de ce processus et le gène qui la produit. Cette protéine appartient à une nouvelle famille de cotransporteurs sodium-glucose, ou SGLT. Les deux principaux membres de cette famille, SGLT1 et SGLT2, assurent le transport du glucose dans le rein.
En observant l’importance de ces protéines, des inhibiteurs ont été créés pour empêcher la réabsorption du sucre et favoriser son élimination dans l’urine. Ces médicaments sont utilisés chez les diabétiques de type 2, mais des études ont également démontré leur efficacité pour améliorer la santé rénale et cardiovasculaire.
La recherche continue d’explorer de nouvelles formulations, comme des agonistes du GLP-1 combinés à d’autres composés, afin d’optimiser la perte de poids et le contrôle métabolique. Des insulines à action prolongée, administrables une fois par semaine au lieu de quotidiennement, sont également en cours de développement.
En Colombie, ces médicaments étaient déjà prescrits pour le traitement du diabète, mais leur inclusion dans les directives nationales les positionne désormais comme une option thérapeutique de première intention pour les médecins.
« Le guide vise à établir un parcours de soins qui indique quelles combinaisons de traitements offrent les meilleurs résultats et réduisent les complications. Les médicaments existaient déjà et étaient utilisés en pratique clinique depuis une dizaine d’années, mais comme ils n’étaient pas formellement inclus dans les lignes directrices, ils étaient considérés comme des options secondaires. L’objectif est maintenant de prioriser le meilleur traitement pour le patient. »
Katherine Restrepo Erazo, endocrinologue
Ce nouveau document souligne également l’importance d’une approche globale de la prise en charge du diabète, incluant la surveillance des facteurs de risque évitables tels que la sédentarité et le tabagisme.
Chiffres clés
Le diabète de type 2 est une maladie chronique mondiale en pleine expansion. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 830 millions de personnes étaient diagnostiquées avec cette pathologie en 2022. Rapport de l’OMS sur le diabète
En Colombie, le compte de coûts élevés estime que 3 personnes sur 100 vivent avec le diabète. Les autorités sanitaires s’inquiètent du nombre élevé de cas non diagnostiqués, qui peuvent avoir des conséquences fatales. On estime que 50 % des patients ne sont pas diagnostiqués et que seulement la moitié de ceux qui reçoivent un traitement parviennent à contrôler leur maladie.
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