Home MondeLa monogamie n’est pas la seule et unique option pour un écrivain tokyoïte en quête d’amour

La monogamie n’est pas la seule et unique option pour un écrivain tokyoïte en quête d’amour

by Clara Dubois

Publié le 13 novembre 2025 à 22h02. Kinoko, un·e écrivain·e genderqueer basé·e à Tokyo, témoigne d’une forme d’amour peu conventionnelle : le polyamour, une pratique qui gagne lentement en visibilité au Japon, malgré les préjugés persistants.

  • Le polyamour, ou l’art d’aimer plusieurs personnes avec le consentement de toutes les parties, est une réalité pour Kinoko depuis plus de dix ans.
  • Cette pratique, bien que reconnue dans certaines municipalités aux États-Unis, reste confrontée à l’incompréhension et à la discrimination au Japon.
  • Une récente enquête révèle qu’environ 10 % des Japonais·es ont déjà fréquenté une personne pratiquant le polyamour.

Pour Kinoko, l’amour ne se limite pas à une relation exclusive. Cet·te écrivain·e d’une quarantaine d’années, qui préfère ne pas être défini·e par un genre spécifique, vit une vie amoureuse non conventionnelle depuis près de deux décennies. Le polyamour, comme Kinoko le définit, est une alternative à l’infidélité ou à la rupture lorsqu’on développe des sentiments pour plusieurs personnes.

« Lorsque vous développez des sentiments pour plus d’une personne, je veux que les gens sachent qu’il existe une autre option : vous n’avez pas à choisir entre abandonner (la première relation) ou être infidèle », explique Kinoko.

Le parcours de Kinoko vers le polyamour a commencé vers l’âge de 28 ans, après une première expérience amoureuse à l’adolescence et une découverte fortuite de la polygamie lors de cours d’anthropologie. Après une rupture douloureuse, il·elle a finalement décidé de vivre en accord avec ses véritables désirs, même au risque d’être rejeté·e ou de se sentir seul·e.

Depuis 2012, Kinoko partage sa vie avec un homme d’une quarantaine d’années originaire de la préfecture de Kumamoto. Leur relation a débuté par une franchise totale : Kinoko a immédiatement informé son partenaire de sa pratique polyamoureuse. Au début, ce dernier a éprouvé de l’anxiété et de la jalousie, mais des conversations quotidiennes et des rencontres avec les autres partenaires de Kinoko ont permis de dissiper ses doutes.

« Les rencontrer m’a donné une bonne impression. J’ai compris pourquoi (Kinoko) tenait à eux », se souvient l’homme, qui a lui-même développé d’autres relations, toutes menées dans la transparence et avec le consentement de chacun·e. Il considère Kinoko comme une personne importante qui l’a aidé·e à remettre en question ses propres valeurs.

Le polyamour, apparu aux États-Unis dans les années 1980 et 1990, gagne progressivement en visibilité. Certaines municipalités américaines reconnaissent désormais officiellement ce type de relations, offrant des avantages tels que la couverture médicale partagée et des droits de visite à l’hôpital.

Au Japon, cependant, le polyamour reste un sujet tabou, souvent confronté à des préjugés et à des stéréotypes. Les adeptes de cette pratique sont parfois accusés de ne pas connaître le véritable amour, d’être jaloux ou d’avoir une vie sexuelle débridée.

Malgré ces obstacles, la sensibilisation au polyamour est en augmentation. Une récente enquête menée auprès de 3 000 personnes a révélé qu’environ 10 % des Japonais·es ont déjà fréquenté une personne pratiquant le polyamour.

Kinoko ne cherche pas à imposer son mode de vie, mais souhaite simplement encourager les gens à réfléchir à ce qui les rend réellement heureux en amour. « Je n’essaie pas de recommander le polyamour à tout le monde », conclut-il·elle. « Je veux juste que les gens réfléchissent plus profondément au type de relation qui peut vraiment les rendre heureux. »

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