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La nouvelle machine de censure de l’UE

by Clara Dubois

Publié le 15 novembre 2025 à 09h11. L’Union européenne lance un vaste programme de surveillance et de régulation des contenus en ligne, le « Bouclier démocratique », sous prétexte de lutter contre la désinformation et les ingérences étrangères, suscitant des inquiétudes quant à la liberté d’expression et au contrôle de l’information.

  • La Commission européenne propose la création d’un observatoire pour identifier et supprimer les « faux contenus » et la « désinformation » sur Internet.
  • Un « réseau européen indépendant de vérificateurs de faits » sera mis en place, financé par l’UE, pour surveiller les élections et les situations de crise.
  • L’UE renforce ses capacités de renseignement et de surveillance, avec la création d’une nouvelle unité sous l’autorité directe de la Commission.

Sous couvert de protéger la démocratie, l’Union européenne met en place un arsenal de mesures de contrôle de l’information qui inquiètent les défenseurs des libertés publiques. Le « Bouclier démocratique », annoncé récemment par Bruxelles, prévoit la création d’un observatoire chargé de traquer les « faux contenus » et la « désinformation » en ligne, ainsi que le renforcement des réseaux de « vérification des faits » déjà existants.

Selon Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive pour la sécurité et la démocratie, ce dispositif permettra à l’Europe de « réagir plus rapidement et plus efficacement à la manipulation de l’information et aux menaces hybrides ». Kaja Kallas, la haute représentante de l’UE pour la politique étrangère et de sécurité, a explicitement pointé du doigt la Russie, accusée de mener des campagnes de polarisation et de saper la confiance dans les institutions européennes.

L’initiative s’appuie sur la récente loi sur les services numériques (DSA), une réglementation internet particulièrement stricte. La Commission promet un financement généreux aux ONG et aux médias « indépendants » pour garantir leur « indépendance », une notion qui suscite le scepticisme. En réalité, cette dépendance financière à l’égard de Bruxelles soulève des questions sur l’objectivité et l’impartialité de ces acteurs.

Ce dispositif s’inscrit dans une tendance plus large à la centralisation du pouvoir entre les mains de la Commission européenne. Ursula von der Leyen a également annoncé la création d’une nouvelle unité de renseignement, directement rattachée à la Commission, afin d’unifier les données de renseignement des États membres et de « renforcer la capacité de l’UE à détecter les menaces et à y répondre ». Selon le Financial Times, ce projet pourrait aboutir à la création d’un service européen de coopération en matière de renseignement, une agence supranationale fonctionnant aux côtés des services nationaux.

Cette perspective inquiète de nombreux observateurs, qui y voient une étape supplémentaire vers un État technocratique autoritaire. Comme le souligne un diplomate européen cité par EUNews, « la liberté d’expression reste pour chacun. Mais en même temps, les citoyens doivent être libres de toute ingérence ». La question de savoir qui définira les limites de cette « ingérence » reste ouverte.

Les critiques pointent également du doigt le manque de transparence et de responsabilité de ces mécanismes de contrôle. Des exemples récents, comme les allégations infondées d’Ursula von der Leyen concernant le brouillage du système GPS de son avion, rapidement démenties par des analystes, ou la manipulation d’images diffusées par la BBC lors d’un discours de Donald Trump, illustrent les risques de partialité et de désinformation, même au sein des médias considérés comme des références.

L’UE dispose déjà d’un vaste réseau de financement d’ONG, de groupes de réflexion, de médias et d’universités, via des programmes tels que CERV (Citoyens, Égalité, Droits et Valeurs), Europe créative et l’Initiative Jean Monnet. Ces programmes, qui représentent des milliards d’euros, sont censés promouvoir les « valeurs européennes », mais financent en réalité un activisme progressiste et pro-européen, ainsi qu’une « lutte contre l’euroscepticisme ». Plus de 3 000 ONG ont bénéficié de financements dans le cadre du seul programme CERV (2021-2027), pour plus de 1 000 projets.

Ce système crée une « pseudo-société civile », composée d’acteurs qui agissent comme des mandataires de la Commission, amplifiant son discours et créant l’illusion d’un soutien populaire à ses politiques. De même, l’UE consacre au moins 80 millions d’euros par an à financer les médias, via des programmes tels que IMREG, qui ont payé des journalistes pour publier des articles élogieux sur les fonds de cohésion européens, parfois sans divulguer le financement.

Enfin, le programme Jean Monnet alloue environ 25 millions d’euros par an aux universités et instituts de recherche, afin d’intégrer l’idéologie pro-européenne dans l’enseignement supérieur. Les destinataires sont censés agir en tant qu’« ambassadeurs de l’Union européenne » et « agents de sensibilisation ». L’université s’est ainsi transformée en un instrument idéologique.

Le « Bouclier démocratique » apparaît donc comme un outil supplémentaire pour institutionnaliser un régime de contrôle de la parole et du récit, au nom de la lutte contre la désinformation et les ingérences étrangères. La véritable menace pour la démocratie ne viendrait pas de Moscou ou de Pékin, mais des institutions mêmes qui prétendent la défendre.

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