Home SantéLe gène qui a modifié le pronostic du cancer du poumon non à petites cellules et amélioré son traitement

Le gène qui a modifié le pronostic du cancer du poumon non à petites cellules et amélioré son traitement

by Sophie Martin

Publié le 17 novembre 2024. Le cancer du poumon, le cancer le plus répandu au monde, touche chaque année des dizaines de milliers de personnes. Une avancée majeure survenue il y a vingt ans, la découverte de mutations du gène EGFR, a permis d’améliorer considérablement les traitements et les pronostics pour une partie des patients atteints de cancer du poumon non à petites cellules.

  • Chaque 17 novembre est consacré à la Journée mondiale de lutte contre le cancer du poumon, une occasion de sensibiliser le public à cette maladie et à ses facteurs de risque.
  • Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) représente 85 % des diagnostics et a touché plus de 30 000 personnes en Espagne l’année dernière.
  • La découverte en 2004 de mutations du gène EGFR a marqué un tournant, permettant de passer de la chimiothérapie générale à des thérapies ciblées plus efficaces.

Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC) se distingue par la taille des cellules cancéreuses, plus importantes que celles du cancer du poumon à petites cellules. Bien qu’il ait tendance à se propager et à croître plus lentement, il demeure le cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le monde, avec le tabagisme comme principal facteur de risque. Malgré les progrès réalisés grâce à la découverte des mutations du gène EGFR, la recherche et la prévention restent des priorités essentielles.

En 2004, cinq équipes de chercheurs indépendantes ont simultanément identifié des mutations spécifiques qui jouent un rôle clé dans le développement du CPNPC. Cette découverte a conduit à une évolution significative des traitements, passant d’une approche globale basée sur la chimiothérapie à des thérapies ciblées, plus personnalisées et potentiellement plus efficaces. Comme le souligne la société pharmaceutique AstraZeneca, cette avancée a ouvert la voie à une « oncologie de précision » dans le traitement de cette maladie.

EGFR est l’acronyme de « récepteur du facteur de croissance épidermique », un gène naturellement présent dans l’organisme humain et qui agit comme un interrupteur cellulaire. Selon l’Institut national du cancer, ce gène est responsable de la production d’une protéine essentielle à la multiplication et à la survie des cellules. Cependant, lorsqu’il est muté, il entraîne une surproduction de cette protéine dans certaines cellules cancéreuses, accélérant ainsi leur prolifération.

« Cela a conduit à la détection de la première mutation motrice du cancer du poumon, c’est-à-dire une altération génétique qui provoque le développement et la prolifération de la tumeur. »

Dr Lola Lozano, présidente de la Société espagnole d’anatomie pathologique (SEAP) et responsable de l’anatomie pathologique à la Clínica Universidad de Navarra (d’après AstraZeneca)

La découverte de ces mutations a donc permis d’identifier une cible thérapeutique précise, ouvrant la voie à des traitements plus efficaces et mieux adaptés aux caractéristiques spécifiques de chaque tumeur. La recherche continue de jouer un rôle crucial dans l’amélioration des diagnostics et des traitements du cancer du poumon, afin d’améliorer le pronostic et la qualité de vie des patients.

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