Le chef du Parti populaire (PP), Alberto Núñez Feijóo, a dévoilé un plan axé sur la sécurité et la protection des femmes, incluant des propositions controversées comme l’expulsion des délinquants sexuels étrangers. Ces annonces interviennent alors que les sondages prévoient une perte de popularité du Premier ministre socialiste Pedro Sánchez aux prochaines élections générales, prévues en 2027.
S’exprimant au siège du PP à Madrid, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes, M. Feijóo a détaillé son approche. Il a déclaré que, s’il était élu Premier ministre, les peines de prison pour les crimes contre la liberté sexuelle seraient alourdies pour les auteurs espagnols, tandis que les étrangers reconnus coupables seraient expulsés d’Espagne.
« Si le délinquant est espagnol, les peines de prison seront augmentées, et s’il est étranger, il sera également expulsé d’Espagne », a-t-il affirmé.
Cette proposition, qui pourrait s’appliquer indépendamment du statut légal ou de la durée de résidence, s’inscrit dans un contexte de montée des discours anti-immigration en Espagne. L’ascension du parti d’extrême droite Vox dans les sondages a contribué à orienter le débat politique vers la droite. Vox a notamment appelé à l’expulsion de millions d’immigrés et à l’interdiction d’événements islamiques dans l’espace public.
Face à la concurrence de Vox, le PP semble vouloir répondre aux préoccupations croissantes des Espagnols concernant l’immigration. Outre l’expulsion des délinquants sexuels étrangers, le parti propose un système d’immigration basé sur des points, une « lettre d’engagement » à signer par les migrants, et des mesures plus strictes contre le dépassement de la durée de validité des visas et des titres de résidence.
M. Feijóo a également annoncé son intention d’abroger la loi sur le consentement sexuel, surnommée « seulement oui signifie oui », la jugeant « contre-productive ». Il souhaite la remplacer par une législation qu’il estime plus protectrice envers les femmes.
Par ailleurs, le chef de l’opposition a plaidé pour un audit du système de surveillance et de contrôle anti-abus, suite à des dysfonctionnements techniques constatés. Il s’est également engagé à adopter une loi globale sur la traite des êtres humains, qu’il considère comme « l’une des pires formes de violence contre les femmes ».
Lors de son discours, M. Feijóo a également évoqué des scandales sexuels impliquant des membres de partis de gauche, faisant référence à des liens entre des socialistes et Íñigo Errejón, ainsi qu’à l’ancien ministre du PSOE, José Luis Ábalos, actuellement sous enquête pour corruption.
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