La Lune pourrait bien cacher des refuges naturels capables de protéger les futurs astronautes de ses conditions extrêmes. Une mission européenne innovante mise sur une équipe de robots autonomes pour explorer les tunnels de lave lunaires et déterminer si ces cavités souterraines peuvent servir de bases permanentes.
Avec des températures pouvant plonger en dessous de -240 °C et des impacts de micrométéorites voyageant à plus de 70 km/s, la Lune représente l’un des environnements les plus hostiles du système solaire. L’absence d’atmosphère et de champ magnétique expose sa surface à des variations thermiques brutales et à un bombardement constant de rayonnements cosmiques. Dans ce contexte, les tunnels de lave, vestiges d’anciennes éruptions volcaniques, offrent une protection potentielle.
Ces galeries souterraines, parfois longues de plusieurs centaines de kilomètres, pourraient abriter des zones intactes, accessibles par des ouvertures appelées puits de lumière, déjà repérées depuis l’orbite. Des structures similaires ont également été identifiées sur Mars, suscitant un intérêt scientifique croissant en raison de leur potentiel pour préserver des traces de vie ancienne.
Pour évaluer la praticabilité de ces tunnels, le laboratoire de robotique spatiale de l’université de Malaga, en collaboration avec plusieurs institutions européennes, a développé une stratégie d’exploration robotique en quatre étapes. Cette approche, présentée dans la revue Robotique scientifique, repose sur la coopération de trois robots aux compétences complémentaires.
Le robot SherpaTT, capable de se déplacer sur roues ou à l’aide de pattes articulées, sert de plateforme de base. Il déploie Coyote III, un robot léger conçu pour descendre en rappel dans les tunnels. LUVMI-X, un robot agile et économique, assiste dans la cartographie des environs. La mission débute par une cartographie précise de l’entrée du tunnel, suivie de la descente d’un cube sensoriel pour collecter des images haute résolution. Coyote III explore ensuite les lieux en profondeur, collectant des données 3D sur la géométrie interne.
En février 2023, ce protocole a été testé avec succès dans une grotte volcanique de Lanzarote, malgré des conditions météorologiques difficiles. Les robots ont pu générer un modèle en relief de l’entrée, reconstituer le puits de lumière et explorer un couloir souterrain, validant ainsi la faisabilité technique du concept. Ces résultats, relayés par SciTechQuotidien, démontrent l’intérêt d’un tel système coopératif pour l’exploration d’environnements extrêmes inaccessibles aux humains.
À terme, ces essais préparent l’installation durable d’équipes sur la Lune. Une base souterraine offrirait une protection contre les radiations, les variations de température et les débris spatiaux, tout en réduisant la quantité de matériel à transporter depuis la Terre, et donc les coûts logistiques. La capacité des robots à coopérer, à s’adapter à l’inconnu et à transmettre des données précises est donc essentielle pour une exploration lunaire plus sûre et plus rapide. Cette stratégie pourrait également être appliquée à Mars, où les défis environnementaux sont similaires. En explorant ces grottes, l’humanité ne cherche pas seulement un abri, mais pose les fondations d’une présence planétaire durable.
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