Home SantéComment les aliments ultra-transformés influencent le risque de maladie de Crohn et quelles stratégies alimentaires peuvent réellement aider

Comment les aliments ultra-transformés influencent le risque de maladie de Crohn et quelles stratégies alimentaires peuvent réellement aider

by Sophie Martin

Publié le 12 décembre 2025 à 04:21:00. Une nouvelle étude met en lumière le rôle potentiel des aliments ultra-transformés dans le développement et l’aggravation de la maladie de Crohn, tout en ouvrant des perspectives prometteuses pour des stratégies nutritionnelles ciblées.

  • La consommation accrue d’aliments ultra-transformés est corrélée à un risque plus élevé de maladie de Crohn.
  • Certains additifs alimentaires, tels que les émulsifiants et le dioxyde de titane, pourraient perturber la barrière intestinale et favoriser l’inflammation.
  • Des approches diététiques spécifiques, comme la nutrition entérale exclusive ou des régimes pauvres en aliments transformés, pourraient améliorer les symptômes et réduire les rechutes.

De plus en plus d’études suggèrent un lien préoccupant entre notre alimentation moderne et l’augmentation des maladies inflammatoires de l’intestin (MII), dont la maladie de Crohn (MC) et la colite ulcéreuse (CU). Ces affections, qui perturbent la vie quotidienne de nombreux patients, voient leur incidence croître parallèlement à la place grandissante des aliments ultra-transformés (FPU) dans nos assiettes.

Selon une récente revue de la littérature publiée dans la revue Nutriments, les aliments ultra-transformés, définis par le système NOVA comme des formulations industrielles riches en ingrédients raffinés et en additifs, pourraient jouer un rôle clé dans le développement et l’aggravation de la MC. Les études épidémiologiques montrent une association plus forte entre la consommation de FPU et la MC que la CU.

Les chercheurs ont analysé les données de plusieurs cohortes internationales, révélant que les personnes consommant cinq portions ou plus de FPU par jour présentent un risque accru de développer une MII (risque relatif d’environ 1,8). Des cohortes américaines ont également mis en évidence une relation dose-réponse entre la consommation de FPU et le risque de MC. La cohorte NutriNet-Santé, bien que limitée par un suivi court, n’a pas confirmé ces résultats.

Mais comment ces aliments ultra-transformés agissent-ils sur notre organisme ? Les chercheurs pointent du doigt plusieurs mécanismes potentiels. Des additifs courants, tels que les émulsifiants (comme le carboxyméthylcellulose ou CMC), le carraghénane (CGN) et la maltodextrine (MDX), pourraient altérer la barrière intestinale, modifier la composition du microbiote intestinal et favoriser l’inflammation. Des études ont montré que le CMC, par exemple, peut modifier le microbiote, réduire la production d’acides gras à chaîne courte (AGCC) et augmenter l’inconfort abdominal.

D’autres additifs, comme les édulcorants non nutritifs (ENN), le dioxyde de titane (E171) et une consommation excessive de sel, pourraient également contribuer à ces effets néfastes. Le dioxyde de titane, en particulier, interagit avec le mucus intestinal et les voies immunitaires, et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) ne le considère plus comme sûr en tant qu’additif alimentaire.

Face à ces constats, quelles stratégies nutritionnelles peuvent être envisagées ? Les chercheurs soulignent l’importance de réduire la consommation de FPU et de certains additifs spécifiques. La nutrition entérale exclusive (NE), qui consiste à administrer tous les nutriments directement dans l’intestin, reste une option thérapeutique de première intention pour la MC chez les enfants. Des approches plus souples, comme la nutrition entérale partielle (NEP) associée à un régime d’exclusion de la maladie de Crohn (CDE), peuvent également être bénéfiques.

Les régimes alimentaires peu transformés, tels que le régime méditerranéen ou un régime spécifique en glucides, pourraient également améliorer les symptômes chez certains patients, bien que l’observance à long terme puisse être un défi. Les cliniciens sont encouragés à personnaliser les plans nutritionnels en fonction des besoins individuels de chaque patient et à soutenir la recherche sur ce sujet crucial.

Il est important de noter que ces associations ne prouvent pas un lien de causalité et que d’autres facteurs, tels que le mode de vie et la génétique, peuvent également jouer un rôle dans le développement des MII. Cependant, les preuves accumulées suggèrent que limiter la consommation d’aliments ultra-transformés pourrait être une stratégie préventive et thérapeutique prometteuse pour ces affections.

Référence du journal :

  • Choi, SY et Moon, W. (2025). Aliments ultra-transformés et maladies inflammatoires de l’intestin : une revue narrative de l’épidémiologie, des mécanismes et des implications alimentaires. Nutriments. 17(24). DOI : 10.3390/nu17243852, https://www.mdpi.com/2072-6643/17/24/3852

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