Home MondeL’histoire d’Assad menant une vie luxueuse en Russie après avoir fui la Syrie

L’histoire d’Assad menant une vie luxueuse en Russie après avoir fui la Syrie

by Clara Dubois

Publié le 16 décembre 2025 à 13h08. L’ancien président syrien, Bachar al-Assad, vit désormais une existence discrète et privilégiée à Moscou, où il a repris sa profession d’ophtalmologiste, après avoir fui Damas face à l’avancée des forces d’opposition.

  • Bachar al-Assad et sa famille résident à Rublyovka, un quartier huppé de Moscou réservé à l’élite politique et économique russe.
  • L’ancien dirigeant syrien étudie le russe et continue à exercer la médecine, notamment l’ophtalmologie, comme il le faisait avant la guerre.
  • Un an après la chute de son régime, la Syrie tente de se reconstruire, mais reste confrontée à des défis sécuritaires et économiques majeurs.

Après plus de 24 ans au pouvoir, Bachar al-Assad a quitté la Syrie début décembre 2024, alors que les troupes de l’opposition se rapprochaient de Damas. Escorté par l’armée russe, il a été transféré à la base aérienne de Khmeimim, sur la côte syrienne, avant de s’installer à Moscou. Cette fuite marque la fin d’une dynastie alaouite qui a gouverné la Syrie pendant plus de 50 ans, débutée par Hafez al-Assad en 1971.

Selon des sources proches de la famille Assad, citées par le quotidien britannique The Guardian, l’ancien président syrien a profité de son exil pour approfondir ses connaissances médicales et apprendre le russe. « Il étudie le russe et perfectionne ses compétences en ophtalmologie. C’est son passe-temps, il n’a certainement pas besoin d’argent. Même avant le début de la guerre en Syrie, il exerçait régulièrement son ophtalmologie à Damas », a déclaré cette source.

La famille Assad réside désormais à Rublyovka, un quartier exclusif situé à l’ouest de Moscou, où vivent de hauts responsables gouvernementaux et des hommes d’affaires fortunés. La majeure partie de la fortune de la famille aurait été transférée en Russie après l’imposition de sanctions occidentales en 2011, suite à la répression des manifestations antigouvernementales.

Malgré sa sécurité financière, Bachar al-Assad mènerait une vie isolée, sous étroite surveillance des autorités russes. Un ami de la famille a confié à The Guardian que « sa vie est très calme. Il n’a pratiquement aucun contact avec le monde extérieur ». Il lui serait également interdit de communiquer avec d’anciens hauts responsables de son régime, ses seuls contacts étant quelques anciens collaborateurs du palais présidentiel, dont Mansour Azzam et Yassar Ibrahim.

Selon une source proche du Kremlin, Bachar al-Assad n’intéresse plus les dirigeants russes. Le président Vladimir Poutine ne s’intéresserait qu’aux personnalités qui conservent leur pouvoir. « Poutine a peu de patience envers les dirigeants qui perdent leur emprise sur le pouvoir, et Assad n’est plus considéré comme une figure influente ni même comme un invité intéressant à inviter à un dîner », a affirmé cette source.

La chute du régime d’Assad, survenue le 8 décembre 2024 suite à une offensive éclair de la milice d’opposition Hayat Tahrir al-Sham (HTS), a marqué un tournant pour la Syrie. Ahmad al-Sharaa, leader de la HTS, a été nommé président par intérim. Un an plus tard, le pays est confronté à d’immenses défis, notamment la reconstruction des infrastructures et le rétablissement de la sécurité.

Les frappes aériennes russes et les bombardements d’établissements de santé, autrefois monnaie courante, ont cessé. Cependant, un rapport du Conseil de sécurité de l’ONU publié en novembre dernier souligne que la Syrie reste confrontée à un « paysage sécuritaire fragmenté ». La capitale, Damas, est relativement calme, et les niveaux de violence ont fortement diminué. Néanmoins, des affrontements persistent entre les nouvelles forces gouvernementales, les groupes kurdes et les communautés druzes.

Les derniers partisans d’Assad opèrent toujours clandestinement, tandis que l’État islamique (EI) profite des failles sécuritaires pour étendre son influence. L’Agence de l’Union européenne pour l’asile a noté que les nouvelles autorités syriennes n’ont pas encore pleinement contrôlé l’ensemble du territoire. Des incidents d’anarchie, des crimes et des actes de vengeance sont encore fréquemment signalés.

La Syrie a organisé des élections parlementaires plus libres, bien qu’indirectes et soumises à un mécanisme d’assemblée électorale. Al-Sharaa restera président par intérim jusqu’à la ratification d’une nouvelle constitution, dont la rédaction est en cours dans le cadre d’un dialogue national. Les divergences entre le gouvernement intérimaire et les différents groupes sociétaux restent cependant importantes.

Sur le plan diplomatique, la Syrie a rétabli des relations avec tous les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, dont la Russie et la Chine. Cependant, les opérations militaires israéliennes en Syrie continuent de susciter des tensions, menaçant la fragile transition politique et sécuritaire du pays.

Environ 2,9 millions de Syriens ayant fui la guerre civile sont rentrés au pays, mais la plupart ont découvert la destruction de leurs foyers. Près de toutes les zones résidentielles ont subi des dommages importants, avec des écoles et des hôpitaux hors service et des conflits fonciers fréquents. Plus de la moitié du réseau d’eau et la majeure partie du réseau électrique national sont endommagés ou hors service. Les coûts de reconstruction sont estimés entre 250 et 400 milliards de dollars américains (USD).

Malgré quelques signes de reprise, comme la rénovation de centaines d’écoles et le rétablissement de l’électricité dans certaines zones, les bénéfices ne sont pas uniformément répartis. Sur le plan économique, environ un quart des Syriens vivent encore dans une pauvreté extrême. La Banque mondiale prévoit une croissance économique d’environ 1 % en 2025, grâce à la levée des sanctions de l’ère Assad et aux investissements des pays du Golfe, mais l’impact réel sur la vie quotidienne des habitants reste limité.

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