Publié le 16 décembre 2025 à 16h50. Les places boursières européennes ont connu une journée difficile, plombées par des inquiétudes persistantes concernant la conjoncture économique mondiale et les tensions géopolitiques, notamment en Ukraine.
- L’indice européen STOXX 600 a reculé de 0,4% à 580,08 points.
- Les secteurs de la défense et de l’énergie ont été particulièrement touchés.
- Les données sur l’emploi aux États-Unis, bien que globalement positives, ont alimenté les incertitudes.
Les marchés européens ont clôturé en baisse mardi, après une journée de lundi marquée par un rebond significatif. La prudence est de mise chez les investisseurs, tiraillés entre des signaux économiques mitigés et des développements diplomatiques complexes. L’indice allemand DAX a cédé 0,59%, tandis que le CAC 40 à Paris a limité ses pertes à 0,23%. Londres a enregistré le recul le plus important, avec une baisse de 0,68% pour l’indice FTSE.
Les données économiques publiées en Europe n’ont pas contribué à améliorer le sentiment des investisseurs. L’indice PMI (Purchasing Managers’ Index) de Standard & Poor’s a révélé un ralentissement de la croissance du secteur privé en Allemagne pour le deuxième mois consécutif en décembre. En France, la croissance semble quasiment au point mort, selon les estimations préliminaires rapportées par Reuters.
Outre-Atlantique, le rapport mensuel du ministère du Travail américain a fait état d’une création de 64 000 emplois en novembre, une amélioration par rapport à la baisse de 105 000 emplois enregistrée en octobre. Cependant, le taux de chômage a grimpé à 4,6%, atteignant son plus haut niveau depuis quatre ans.
« Les investisseurs tentent désormais de gérer cette énorme quantité de données américaines, dont la publication a été retardée en raison de la fermeture du gouvernement, et tentent de déterminer ce qui est précieux et ce qui ne l’est pas. »
Michael Field, expert des marchés boursiers européens chez Morningstar
Le secteur de la défense a particulièrement souffert après l’annonce de l’intention des États-Unis de fournir à l’Ukraine des garanties de sécurité similaires à celles offertes par l’OTAN, ainsi que des progrès signalés dans les négociations européennes visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Les actions de Rheinmetall ont chuté de 4,6%, celles de Hinzolt de 3,7% et celles de Leonardo de 4%, entraînant une baisse de 1,8% pour l’ensemble de l’indice sectoriel, sa plus forte baisse quotidienne depuis plus de deux semaines.
Le secteur de l’énergie a également été pénalisé par la baisse des prix du pétrole, reculant de 1,9%. À l’inverse, les compagnies aériennes EasyJet (+3,2%) et Lufthansa (+1,3%) ont affiché de bonnes performances.
L’évolution des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine reste au cœur des préoccupations. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a récemment déclaré que Kiev était prêt à renoncer à ses ambitions d’adhésion à l’OTAN en échange d’un accord de paix. De son côté, le président américain Donald Trump a affirmé que les négociateurs étaient « plus proches que jamais » d’un cessez-le-feu, suite à des discussions « longues et très bonnes » avec les dirigeants européens.
Les investisseurs européens se préparent également à une semaine riche en décisions de politique monétaire. La Banque centrale européenne (BCE) tiendra jeudi sa dernière réunion de l’année et devrait maintenir ses taux d’intérêt inchangés à 2%. La présidente de la BCE, Christine Lagarde, a toutefois indiqué que la banque pourrait relever ses prévisions de croissance pour décembre, après les avoir revues à la hausse à 1,2% en septembre.
La Banque d’Angleterre, la Riksbank (banque centrale suédoise) et la Banque norvégienne doivent également rendre leurs décisions cette semaine. Une baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre est largement anticipée, après la publication de données révélant une légère augmentation du taux de chômage au Royaume-Uni, atteignant 5,1% pour les trois mois précédant octobre – son plus haut niveau depuis janvier 2021. Le nombre d’employés inscrits sur les listes de paie a également diminué de 0,5%, soit 149 000 personnes, sur un an.
Selon Soren Thero, directeur de l’économie à l’Institut des comptables agréés d’Angleterre et du Pays de Galles, ces chiffres rendent une baisse des taux de la Banque d’Angleterre « inévitable ».
« Le rythme alarmant auquel le marché du travail se désintègre signifie qu’une baisse des taux d’intérêt jeudi semble inévitable, car ces chiffres vont sans aucun doute accroître les inquiétudes quant à la solidité des conditions économiques. »
Soren Thero, directeur de l’économie à l’Institut des comptables agréés d’Angleterre et du Pays de Galles
Les chiffres de l’inflation pour la zone euro et le Royaume-Uni, qui seront publiés mercredi, pourraient également influencer les décisions des banques centrales. Enfin, les dirigeants européens seront confrontés à un défi majeur lors du sommet de Bruxelles jeudi, où ils devront discuter du financement de l’Ukraine, notamment de l’utilisation potentielle de milliards d’actifs russes gelés pour soutenir un prêt de 210 milliards d’euros (246 milliards de dollars) à Kiev.
Les marchés de l’Asie-Pacifique ont également suivi la tendance baissière de Wall Street, les investisseurs continuant de réduire leur exposition aux actions liées à l’intelligence artificielle.
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