Home Santé“L’invasion des aliments ultra-transformés”, dans “Weekly Report”

“L’invasion des aliments ultra-transformés”, dans “Weekly Report”

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:30:00. Une enquête du « Rapport hebdomadaire » alerte sur l’impact croissant des aliments ultra-transformés, particulièrement chez les jeunes, tandis que le monastère royal de San Millán de Yuso en La Rioja dévoile ses trésors et les défis de leur conservation.

  • Les aliments ultra-transformés, omniprésents et souvent promus par des publicités agressives, sont pointés du doigt pour leurs conséquences néfastes sur la santé, allant des maladies cardiovasculaires aux troubles mentaux.
  • Des experts en nutrition soulignent la nécessité de privilégier une alimentation équilibrée, riche en fruits et légumes, et d’apprendre à décrypter les étiquettes des produits alimentaires.
  • Le monastère royal de San Millán de Yuso, gardien d’un précieux patrimoine documentaire, mène un travail de restauration minutieux pour préserver ses collections face aux ravages du temps.

L’alimentation moderne est de plus en plus critiquée. Selon les spécialistes, les habitudes alimentaires se détériorent, avec un déséquilibre croissant en termes de santé. Les nutritionnistes mettent en garde contre le danger de se focaliser uniquement sur le prix et insistent sur l’importance d’une alimentation saine, en particulier pour les enfants. Les produits ultra-transformés, omniprésents, sont mis en avant par des campagnes publicitaires séduisantes.

« Cuisiner demande un effort. Il faut planifier, choisir les ingrédients, y consacrer du temps et, parfois, le résultat n’est pas toujours à la hauteur de nos attentes. Ici, on a la garantie du succès », explique José Ortiz, psychologue spécialisé dans le marketing. La rapidité prime sur la qualité, une approche qui s’avère préjudiciable, surtout lorsqu’il s’agit de santé. Aitor Sánchez souligne que « d’un côté, nous avons une alimentation excessivement riche en produits transformés, pauvre en fruits, légumes et produits verts. De l’autre, de nombreux produits commerciaux qui mettent en avant uniquement leurs aspects positifs sur l’emballage ». Mais combien de consommateurs prennent réellement le temps de lire les étiquettes ?

Les risques liés à une mauvaise alimentation sont bien connus, comme le démontrent les recherches menées par l’Institut des graisses du CSIC à Séville. Le chercheur Javier Sánchez Perona étudie notamment les effets des huiles utilisées et les conséquences néfastes des aliments ultra-transformés :

« On observe un lien avec les maladies cardiovasculaires, le diabète, certains types de cancer, les maladies neurodégénératives, le lupus ou la sclérose en plaques. Une mauvaise alimentation est également associée à des troubles mentaux tels que la dépression, l’anxiété ou l’insomnie. »

Javier Sánchez Perona, chercheur au CSIC

L’association Food Justice dénonce une véritable « pauvreté » alimentaire et appelle à une interdiction de ces produits. Javier Guzmán, directeur de l’ONG, affirme :

« Un enfant ou une adolescente reçoit des dizaines de publicités par semaine, dont plus de 80 % concernent des aliments considérés comme malsains. Dans d’autres pays, comme l’Angleterre ou le Portugal, de telles publicités seraient strictement interdites. C’est en fin de compte une forme de manipulation. »

Javier Guzmán, directeur de Food Justice

À l’autre bout du spectre, le monastère royal de San Millán de Yuso, en La Rioja, est un lieu exceptionnel qui abrite des trésors inestimables. Au cœur de ce site majestueux se trouve sa bibliothèque, qui conserve plus de 10 000 volumes datant d’avant 1780. Orientée vers l’est pour profiter de la lumière du soleil, elle est protégée des températures extrêmes. « Elle est orientée vers l’est, vers le lever du soleil, mais elle est protégée des fortes chaleurs de l’été et des rigueurs de l’hiver », précise Frère José Ramón Pérez, prieur du monastère.

Malgré ces précautions, de nombreuses œuvres sont menacées par le temps, l’humidité et une utilisation parfois abusive. Depuis plus de vingt ans, Ana Jessen, restauratrice, travaille en étroite collaboration avec les moines récollets augustins pour récupérer le plus grand nombre possible de documents. Elle a récemment restauré un atlas cartographique du XVIIe siècle exceptionnel :

« Cet atlas est très important, il est unique en son genre. Il n’existe qu’un autre exemplaire, conservé à Paris. Il est arrivé à l’atelier dans un état de dégradation avancé. »

Ana Jessen, restauratrice

Ses dernières missions concernent sept livres des XVIe et XVIIe siècles, traitant d’astronomie, de médecine et de mathématiques appliquées à l’art de la guerre. Chaque restauration représente un défi, une quête de remède entre pierres, papier et parchemin.

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