Home Technologie et scienceLa mise à jour de YouTube apporte un soulagement aux téléspectateurs iraniens et une douleur aux créateurs

La mise à jour de YouTube apporte un soulagement aux téléspectateurs iraniens et une douleur aux créateurs

by Thomas Caron

Publié le 20 décembre 2025 à 16h40. L’espoir suscité par l’élection d’Ebrahim Raïssi s’effrite en Iran, confronté à une crise économique aggravée par les sanctions et une pression politique persistante des factions conservatrices, tandis que des appels à la démission du président se multiplient sur les réseaux sociaux.

  • Malgré la levée de la censure de WhatsApp et une certaine retenue sur l’application stricte des lois sur le voile, la plupart des promesses électorales de Raïssi restent non tenues.
  • La dévaluation continue du rial iranien et l’impact des sanctions internationales exacerbent les tensions sociales, suscitant des inquiétudes quant à une possible instabilité.
  • Des voix influentes, y compris des proches de l’ancien président, expriment leur désillusion et remettent en question la capacité de Raïssi à mener à bien son mandat.

Si Ebrahim Raïssi bénéficie du soutien indéfectible du Guide suprême, Ali Khamenei, sa capacité à répondre aux défis économiques et sociaux croissants est de plus en plus contestée. La pression des factions conservatrices, qui cherchent à renforcer le contrôle sur la société, persiste malgré les signaux initiaux d’une approche plus modérée sur la question du voile.

L’impact des sanctions internationales, que Raïssi espérait atténuer grâce à un dialogue direct avec les pays occidentaux, se fait cruellement sentir. La chute quasi-quotidienne de la valeur du rial (la monnaie nationale iranienne) a atteint un point critique, poussant de nombreux observateurs à craindre une explosion sociale imminente. L’impact croissant des sanctions est pointé du doigt comme un facteur majeur de cette crise.

La désillusion ne se limite pas aux critiques extérieures. Des anciens partisans de Raïssi expriment ouvertement leurs doutes quant à sa capacité à exercer efficacement ses fonctions. Le sociologue éminent Taghi Azad-Armaki a même déclaré, dans un entretien accordé au site Khabar Online, qu’il souhaitait que Raïssi ne soit élu que pour un seul mandat.

« M. Raïssi est en phase avec les dirigeants des trois pouvoirs de l’État, tous alignés sur le Guide suprême, et le pouvoir a été effectivement consolidé pour gouverner le pays. Cependant, cet alignement n’a pas conduit à une cohésion nationale, sociale ou régionale plus large. »

Taghi Azad-Armaki, sociologue

Azad-Armaki a même suggéré, de manière provocatrice, que l’établissement au pouvoir devrait envisager d’abandonner les élections au profit d’une désignation directe du président par le Guide suprême, voire d’un coup d’État pour apaiser les tensions.

Malgré ces critiques, Raïssi peut compter sur le soutien constant d’Ali Khamenei, 86 ans, dont l’autorité est incontestée en Iran. Le bureau de la présidence a toujours servi de rempart contre les critiques adressées au Guide suprême, lui permettant d’éviter les controverses sur la gestion du pays, même lorsque les politiques mises en œuvre sont impopulaires.

Abbas Abdi, un commentateur réformateur influent, tire également la sonnette d’alarme. Dans une interview accordée à Eco Iran, il a souligné la nécessité d’un changement de cap radical pour sortir de l’impasse actuelle.

« La crise ne pourra être surmontée que si l’on reconnaît l’impasse et si une décision est prise en haut lieu pour changer de direction. »

Abbas Abdi, commentateur réformateur

Abdi a averti que le maintien d’une position ambiguë vis-à-vis d’Israël, combiné à l’absence de réformes internes significatives, pourrait déclencher une nouvelle vague de protestations.

Ses remarques ont suscité une vive réaction du journal Javan, lié aux Gardiens de la révolution, qui l’a accusé de rejeter implicitement la responsabilité de l’échec du gouvernement sur le Guide suprême.

La frustration du public s’exprime de plus en plus ouvertement sur les réseaux sociaux, notamment suite à la récente dévaluation du rial. Les partisans de la ligne dure accusent Raïssi d’incompétence, tandis que ses anciens soutiens estiment qu’il devrait démissionner s’il est effectivement impuissant à agir.

Sur X (anciennement Twitter), un utilisateur nommé Saeed a écrit : « Soit vous avez été autorisé à travailler, auquel cas vous devez être responsable de ces augmentations de prix écrasantes, soit vous n’avez pas été autorisé à travailler, auquel cas vous devez avoir le courage de le dire aux gens et de démissionner ! »

Un autre utilisateur, Shirkoohi, a posté : « Il vaut mieux démissionner avant que la colère du public n’atteigne son paroxysme et que la patience du peuple ne s’épuise. Nous en avons assez, nous sommes à notre point de rupture. »

Un troisième utilisateur, Ali Shomali, a conclu : « J’aimerais que tous les responsables démissionnent collectivement et rendent le peuple iranien heureux… Un système entièrement corrompu et défectueux a besoin d’un changement fondamental, pas du remplacement d’un seul individu. »

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