Home AffairesJim Beam arrête la production de la principale distillerie du Kentucky pour 2026 alors que les guerres commerciales de Trump affectent les ventes

Jim Beam arrête la production de la principale distillerie du Kentucky pour 2026 alors que les guerres commerciales de Trump affectent les ventes

by Amélie Bernard

Publié le 24 septembre 2025. Le géant du bourbon Jim Beam prévoit de suspendre une partie de sa production au Kentucky en 2026, une décision qui intervient dans un contexte de baisse de la demande et de tensions commerciales avec le Canada.

  • Jim Beam va arrêter la distillation sur son site principal de Clermont à partir du 1er janvier 2026.
  • Cette décision est motivée par un ralentissement des ventes, exacerbé par les droits de douane imposés par l’administration Trump et un changement des habitudes de consommation.
  • L’entreprise assure que son centre de visiteurs restera ouvert et qu’elle continuera à distiller sur d’autres sites.

L’industrie du whisky et du bourbon du Kentucky, qui représente une activité économique de 9 milliards de dollars (USD), est confrontée à un défi majeur : un excédent de production face à une demande en baisse. Jim Beam, filiale de Suntory Global Spirits, est l’un des principaux acteurs de ce secteur. La suspension de la production sur le site de Clermont, annoncée par l’entreprise, est une réponse directe à cette situation.

Dans un communiqué, Jim Beam explique qu’elle évalue en permanence ses niveaux de production pour s’adapter à l’évolution de la demande. L’entreprise précise qu’elle continuera à distiller dans ses autres unités de production, notamment la distillerie artisanale Freddie Booker Noe et la plus grande distillerie Booker Noe à Boston.

« Nous évaluons toujours les niveaux de production pour répondre au mieux à la demande des consommateurs et avons récemment rencontré notre équipe pour discuter de nos volumes pour 2026. Nous avons partagé avec nos équipes que même si nous continuerons à distiller à notre [Freddie Booker Noe] distillerie artisanale à Clermont et dans notre plus grande distillerie Booker Noe à Boston, nous prévoyons de suspendre la distillation dans notre distillerie principale sur le campus James B. Beam pour 2026 pendant que nous profitons de l’opportunité d’investir dans l’amélioration du site. »

Jim Beam, communiqué de presse

Cette décision pourrait avoir un impact sur les près de 1 500 employés de James B. Beam Distilling Co. au Kentucky. L’entreprise a indiqué qu’elle étudiait les meilleures options pour gérer cette transition et qu’elle était en discussion avec le syndicat.

Les difficultés rencontrées par Jim Beam ne sont pas uniquement liées à la baisse de la demande intérieure. Les droits de douane imposés par l’ancien président Donald Trump au Canada ont provoqué un boycott des spiritueux américains, entraînant une chute spectaculaire des exportations. Le Distilled Spirits Council of the United States a ainsi constaté une baisse de 85 % des exportations au deuxième trimestre 2025, tombant à moins de 10 millions de dollars (USD).

« Ces chiffres signalent un abandon de nos grandes marques de spiritueux américaines »

Chris Swonger, PDG du Distilled Spirits Council of the United States

Chris Swonger a appelé Donald Trump à œuvrer pour un retour au commerce sans droits de douane avec le Canada. Les négociations commerciales entre les deux pays, interrompues en octobre 2025 après une publicité controversée en Ontario mettant en avant des propos de Ronald Reagan sur les dangers des droits de douane, ont repris mi-janvier 2025, selon le Premier ministre canadien Mark Carney.

Parallèlement aux tensions commerciales, l’industrie des spiritueux américaine doit faire face à un changement profond des habitudes de consommation. Un sondage Gallup publié en août 2025 révèle qu’un pourcentage record d’adultes américains (53 %) considèrent qu’une consommation modérée d’alcool est mauvaise pour la santé, contre 28 % en 2015. Cette perception négative est particulièrement forte chez les jeunes adultes, qui sont les plus susceptibles de percevoir des risques pour la santé liés à la consommation d’alcool. En conséquence, seulement 54 % des adultes américains déclarent consommer des boissons alcoolisées, un niveau historiquement bas sur les trois dernières décennies.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.