Home MondeLe Kenya met fin à deux décennies de protection contre les importations de sucre du bloc commercial africain

Le Kenya met fin à deux décennies de protection contre les importations de sucre du bloc commercial africain

by Clara Dubois

Après plus de vingt ans de protectionnisme, le Kenya ouvre son marché du sucre aux importations de la région COMESA. Cette décision, annoncée dimanche par le Kenya Sugar Board (KSB), marque une étape cruciale pour l’industrie sucrière kenyane, confrontée à la nécessité de se moderniser et de devenir plus compétitive.

Le Kenya a officiellement mis fin au régime de sauvegarde mis en place auprès du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA) il y a 24 ans. Désormais, les importations de sucre en provenance des pays membres de cette zone de libre-échange ne seront plus soumises à des droits de douane.

Selon Jude Chesire, directeur général du KSB, cette nouvelle politique vise à stimuler la compétitivité, à encourager la création de valeur ajoutée, à renforcer l’intégration régionale et à assurer une croissance durable du secteur. « Le Kenya entre désormais dans une nouvelle phase définie par la compétitivité, la valeur ajoutée, l’intégration régionale et la croissance durable, soutenue par un cadre politique clair et une industrie restructurée dirigée par le secteur privé », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Le gouvernement kenyane assure prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les intérêts des agriculteurs et des meuniers, ainsi que pour garantir la sécurité alimentaire et la stabilité des prix. À ce stade, la demande nationale de sucre est estimée à environ 1,1 million de tonnes par an.

L’industrie sucrière kenyane a connu une nette amélioration ces dernières années. La superficie cultivée de canne à sucre a augmenté de 19,4 %, atteignant 289 631 hectares, grâce à des conditions climatiques favorables, à un meilleur accès aux semences certifiées et à des subventions pour les engrais. La production de sucre a ainsi bondi de plus de 70 %, passant de 472 773 tonnes métriques en 2022 à 815 454 tonnes métriques actuellement, reflétant une hausse de la productivité agricole et de l’efficacité des usines.

Cependant, le KSB souligne que l’augmentation de la capacité de production des meuniers, la réhabilitation des usines existantes et la construction de nouvelles installations prendront du temps pour être pleinement opérationnelles. Le secteur sucrier, qui soutient 250 000 emplois directs et les moyens de subsistance de près de six millions de personnes, reste également vulnérable aux aléas climatiques.

Malgré ces défis, les perspectives à moyen terme pour le secteur sucrier kenyan sont jugées positives. Le KSB prévoit que, grâce à l’augmentation de la capacité de production et à l’amélioration continue de la productivité agricole, le Kenya pourra non seulement satisfaire la demande intérieure, mais également atteindre l’autosuffisance et même devenir un exportateur de sucre dans la région.

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