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c’est le nombre de personnes qui attendent

by Sophie Martin

Publié le 8 janvier 2024 14h53. Les services d’urgence des hôpitaux de Palerme et de sa province sont confrontés à une crise de surpopulation, exacerbée par la vague de grippe mais révélatrice de problèmes structurels plus profonds dans l’organisation des soins de santé.

  • Les taux d’occupation des urgences dépassent régulièrement les 200 %, atteignant jusqu’à 408 % dans certains établissements comme Buccheri La Ferla.
  • Les syndicats dénoncent un manque chronique de ressources et une absence de coordination entre les soins de proximité et les hôpitaux.
  • Les autorités régionales ont promis des mesures correctives, mais les professionnels de santé craignent que les solutions proposées ne soient que des palliatifs.

La situation est particulièrement tendue dans les hôpitaux de Palerme et de sa province. À midi, l’indice moyen de surpopulation dans douze établissements, incluant les services de pédiatrie, atteignait 210 %, avec un pic à 408 % à l’hôpital Buccheri La Ferla. D’autres établissements, comme Ingrassia, affichaient également des taux alarmants, dépassant les 300 %. Bien que la grippe ait contribué à cette situation critique, les acteurs du secteur soulignent qu’il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau.

Selon Aurelio Guerriero, secrétaire provincial de Nursind, le syndicat des infirmières,

« Ce récit risque d’être trompeur, voire carrément dangereux. La surpopulation n’est pas un phénomène nouveau, ni épisodique. Au contraire, les salles d’urgence de la ville fonctionnent en permanence au-dessus de cent pour cent de leur capacité tout au long de l’année, dans une condition chronique qui n’a rien à voir avec les seules contingences saisonnières. »

Il précise que même en dehors des périodes épidémiques, les urgences fonctionnent généralement à 150 % de leur capacité, un chiffre qui monte à 200 % pendant la vague de grippe actuelle.

Face à cette crise, le président de la région Sicile, Renato Schifani, a demandé un rapport au directeur de l’hôpital Villa Sofia, Alessandro Mazzara, afin d’identifier les causes des délais d’attente prolongés. La Polyclinique a également mis en place un groupe de travail pour tenter de gérer l’urgence. Cependant, M. Guerriero exprime son scepticisme :

« Le soupçon est que le battage médiatique actuel sert plus à justifier de nouveaux choix de direction ou des réorganisations de direction, comme l’attribution de nouveaux postes de directeur général, qu’à s’attaquer au cœur du problème. »

Les données recueillies par Subitosoccorso.live confirment la gravité de la situation. Outre Buccheri La Ferla et Ingrassia, d’autres hôpitaux sont également saturés. À la Polyclinique, malgré des mesures exceptionnelles pour réduire les temps d’attente, l’indice de surpopulation atteint 230 %, avec 16 patients en attente, 32 en traitement et 100 patients nécessitant des soins urgents. À Cervello, le taux de surpopulation est de 200 % (11 patients en attente, 39 au total), tandis qu’à l’hôpital Civico, il s’élève à 192 % (24 patients en attente, 28 en traitement, 29 en observation). Villa Sofia affiche un taux de 173 % (8 patients en attente, 52 dans l’établissement).

La province n’est pas épargnée. L’hôpital Cimino, à Termini Imerese, affiche un taux de surpopulation de 275 % (4 patients en attente, 25 en traitement), tandis qu’à Partinico, il atteint 254 % (4 patients en attente, 30 en traitement, 3 en observation). Nursind pointe du doigt l’absence de réponses adéquates de la médecine de proximité :

« Médecine locale inefficace, manque de filtres, manque de voies alternatives vers les urgences : c’est de là que vient l’inondation des zones d’urgence, et non de l’intérieur des services hospitaliers déjà épuisés. »

Cette crise sanitaire a rapidement pris une dimension politique. Nuccio di Paola, coordinateur régional du Mouvement 5 Étoiles (M5S) et vice-président de l’Assemblée régionale sicilienne (ARS), dénonce l’effondrement du système de santé :

« Nous dénonçons depuis longtemps les déficiences structurelles de tous les hôpitaux siciliens, les mauvais choix et les investissements d’un gouvernement qui avance trop lentement dans les foyers et les hôpitaux communautaires, qui sont fondamentaux comme filtre pour soutenir les hôpitaux. Nous dénonçons un gouvernement qui prolonge les mandats au lieu d’allouer toutes les ressources économiques et physiques sur le terrain, dans les couloirs des départements et des hôpitaux. Nous dénonçons un gouvernement qui laisse passer un an pour nommer les dirigeants de la plus grande ASP de Sicile, un gouvernement qui ne réduit que les listes d’attente avec des communiqués de presse. »

Cisl Médicis et Cisl Palermo Trapani soulignent également les lacunes dans la gestion des soins de santé :

« Après presque six ans depuis l’urgence du Covid, rien n’a changé, au lieu de planifier une réorganisation de tout le système de santé local, de nouveaux lits avec un personnel adéquat, une relance de la médecine locale qui est pratiquement absente au point de surcharger les flux entrant dans les salles d’urgence des hôpitaux de notre ville, nous revenons au sommet. Un pic de grippe suffit à faire basculer tout le réseau hospitalier de Palerme. »

Ils ajoutent que le manque de soins de proximité, notamment pendant les périodes de vacances, pousse des milliers de patients à se rendre aux urgences, aggravant la situation.

Les professionnels de santé se disent épuisés par des horaires de travail intenses et l’impossibilité de répondre à tous les besoins des patients en raison du manque de lits. Ils rappellent que les fonds du Plan national de relance (Pnrr) étaient justement destinés à améliorer les soins de santé de proximité, notamment par la création d’hôpitaux de proximité.

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