Publié le 11 janvier 2024 02:17:00. Après un lancement difficile pour certains modèles, la technologie portable dotée d’intelligence artificielle fait un retour remarqué au salon CES de Las Vegas, portée par des avancées techniques et l’intérêt de géants de la tech comme Amazon et Meta.
- Des pendentifs, broches et autres dispositifs IA, capables d’enregistrer et d’analyser l’environnement, ont été présentés en masse au CES.
- Le retour de ces technologies intervient après l’échec d’une épingle IA très attendue et alors que des acteurs majeurs investissent massivement dans le domaine.
- Si la question de la vie privée reste au cœur des débats, les fabricants misent sur des fonctionnalités améliorées et une expérience utilisateur plus discrète.
Las Vegas a été le théâtre d’une résurgence de la technologie portable intelligente lors du salon Consumer Electronics Show (CES). Pendentifs, broches et autres accessoires, tous équipés d’intelligence artificielle, ont attiré l’attention, promettant de devenir de véritables assistants personnels, capables d’enregistrer et d’analyser l’environnement sonore et visuel tout au long de la journée.
Ce retour en force s’opère moins d’un an après le lancement décevant de l’épingle AI de la startup Humane AI, qui avait suscité de vives critiques et n’avait pas rencontré le succès escompté. L’entreprise avait misé sur un appareil minimaliste, mais les premiers retours des utilisateurs ont pointé du doigt des problèmes de performance et une expérience utilisateur perfectible.
Parallèlement, l’intérêt pour l’IA portable ne faiblit pas chez les géants de la technologie. Sam Altman, PDG d’OpenAI, et Jony Ive, célèbre designer industriel, collaborent actuellement sur un dispositif innovant qui devrait permettre une interaction plus naturelle avec l’intelligence artificielle, avec une sortie prévue pour l’année prochaine.
Cependant, cette technologie ne fait pas l’unanimité. Certains craignent une surveillance accrue et une intrusion dans la vie privée. Des graffitis dénonçant le « capitalisme de surveillance » ont même fait leur apparition sur les publicités du métro new-yorkais pour les pendentifs IA de la marque Friend, témoignant d’un certain scepticisme du public.
Malgré ces réticences, les fabricants présents au CES ont mis en avant les avantages de ces dispositifs, notamment leur capacité à prendre des notes, à mémoriser des moments importants ou à faciliter la gestion du quotidien. Les progrès techniques, en particulier l’amélioration des puces et des algorithmes, ont permis de résoudre certains des problèmes initiaux, tels que l’autonomie limitée de la batterie et les erreurs de reconnaissance vocale.
Le géant chinois de l’informatique Lenovo a ainsi dévoilé un prototype de pendentif développé par sa filiale Motorola, capable de contrôler vocalement l’assistant IA Qira. L’appareil, porté autour du cou, enregistre les sons et les images en mode mains libres, offrant une expérience utilisateur plus intuitive.
D’autres acteurs majeurs se positionnent également sur ce marché en pleine expansion. Amazon a acquis l’an dernier la startup d’IA portable Bee, tandis que Meta a racheté la société d’appareils d’IA Limitless. Les appareils Bee, qui peuvent se porter au poignet, à la ceinture ou au revers, fonctionnent principalement comme des assistants personnels, prenant des notes, proposant des rappels et gérant les calendriers.
Meta, de son côté, a fait de la « superintelligence » de l’IA une priorité et intègre avec succès cette technologie dans ses lunettes Ray-Ban. L’entreprise explore également d’autres formes d’IA portable, visant à créer des dispositifs toujours plus performants et intuitifs.
Les entreprises explorent différentes approches en matière de conception. La startup Vocci a opté pour une bague, tandis que Plaud propose une épingle ainsi qu’un dispositif rectangulaire à peine plus épais qu’une carte de crédit pour suivre les conversations. La startup chinoise iBuddi a présenté un prototype de médaillon compagnon conçu pour lutter contre la fatigue oculaire.
« Notre philosophie principale est de créer un compagnon IA porté sur le corps qui remplace certaines interactions téléphoniques, plutôt que d’ajouter un autre écran qui absorbe l’attention. »
Yin Haitian, fondateur d’iBuddi
L’entrepreneur, qui prévoit un lancement commercial en juillet, insiste sur le fait qu’iBuddi « n’est pas piloté par la surveillance » mais « réagit aux moments qui comptent au lieu d’enregistrer en permanence ». À l’inverse, le portable Looki L1 AI capture en permanence le point de vue de l’utilisateur, promettant de conseiller sur la consommation de café, de commenter l’environnement et de résumer la journée sous forme de bande dessinée.
Selon Avi Greengart, analyste chez Techsponential, Techsponential, « les attentes des consommateurs en matière de confidentialité n’ont pas complètement disparu, mais elles évoluent ». Il souligne que « nous sommes déjà surveillés par des milliards de smartphones, de réseaux de caméras urbaines et d’appareils intelligents que nous avons volontairement placés dans nos maisons ».
L’analyste ne s’attend pas à ce que l’IA portable remplace les smartphones de sitôt, mais il la voit devenir un complément courant aux ensembles technologiques personnels, aux côtés des montres, des bagues et des lunettes intelligentes. Pour ceux qui souhaitent préserver leur vie privée, une startup a présenté au CES le « Wearphone », un masque équipé d’écouteurs et de microphones conçus pour garantir la confidentialité des conversations.
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