Publié le 11 janvier 2026 à 16h52. Les tensions montent entre le Danemark et les États-Unis après les déclarations du président Trump concernant le Groenland, suscitant des inquiétudes quant à l’engagement américain envers l’OTAN et la stabilité de la région arctique.
- La Première ministre danoise Mette Frederiksen estime que le Danemark est à un « moment fatidique » face aux menaces américaines.
- Les ministres des Affaires étrangères du Danemark et du Groenland doivent rencontrer prochainement le secrétaire d’État américain Marco Rubio.
- La Suède a exprimé son soutien au Danemark et annoncé un investissement majeur dans sa défense aérienne.
Copenhague s’inquiète de la volte-face potentielle de Washington sur la scène internationale. La Première ministre Frederiksen a exprimé ses préoccupations lors d’un débat télévisé dimanche, soulignant que les menaces américaines envers le Groenland pourraient signaler un désengagement plus large de l’alliance occidentale et de la coopération au sein de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord). Elle a insisté sur la nécessité pour le Danemark de rester ferme sur la question du Groenland, même si cela implique de prendre des décisions difficiles.
Vendredi dernier, Donald Trump avait déclaré son intention d’agir concernant le Groenland « qu’ils le veuillent ou non », laissant entendre qu’il pourrait envisager des mesures, allant de négociations amiables à des actions plus coercitives. L’administration américaine n’a pas exclu l’usage de la force militaire, malgré le statut d’alliés de l’OTAN du Danemark et du Groenland.
Le Premier ministre groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a réagi avec fermeté, rejoignant les quatre autres partis politiques du pays pour affirmer leur droit à l’autodétermination. Dans une déclaration commune, ils ont déclaré :
« Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais. L’avenir du Groenland doit être décidé par les Groenlandais. »
Jens-Frederik Nielsen, Premier ministre groenlandais
Mette Frederiksen a précisé qu’elle n’avait pas discuté de la question du Groenland avec Donald Trump depuis un appel téléphonique il y a un an. Elle a affirmé faire tout son possible pour défendre les intérêts danois dans le contexte politique américain actuel, tout en maintenant une position inflexible sur la souveraineté groenlandaise. Elle a ajouté :
« À notre époque, il y aura beaucoup de revers où vous ne pourrez choisir qu’entre ce qui est bien et ce qui est mal, et celui-ci en fait partie. »
Mette Frederiksen, Première ministre danoise
La situation a également suscité des réactions au-delà des frontières danoises. Lors d’une conférence sur la défense en Suède, le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a apporté son soutien au Danemark, estimant que les États-Unis devraient reconnaître la loyauté de Copenhague plutôt que de recourir à une « rhétorique menaçante ». Il a également condamné les pressions américaines sur le Venezuela, les jugeant contraires au droit international et susceptibles d’encourager d’autres pays à adopter des comportements similaires.
Parallèlement, la Suède a annoncé un investissement d’environ 15 milliards de couronnes suédoises (1,21 milliard de livres sterling) dans le renforcement de ses capacités de défense aérienne territoriale. Ulf Kristersson a conclu en appelant à la vigilance :
« Le monde que nous connaissons continue d’être ébranlé. Prenez cela au sérieux, mais ne paniquez pas. Nous ne devrions pas avoir peur, mais nous devons être préparés. »
Ulf Kristersson, Premier ministre suédois
Les prochaines rencontres diplomatiques, notamment celle entre les ministres des Affaires étrangères danois et groenlandais et Marco Rubio, seront cruciales pour désamorcer les tensions et clarifier les intentions américaines.
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