Les acheteurs asiatiques, à l’exception de la Chine, ont considérablement augmenté leurs commandes de pétrole saoudien en prévision de livraisons le mois prochain, après que le royaume a abaissé ses prix de vente. Cette initiative s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes au Yémen, susceptibles d’influencer la politique pétrolière saoudienne.
Aramco, le géant pétrolier saoudien, a récemment ajusté ses prix à la baisse pour l’ensemble de ses qualités destinées au marché asiatique, avec une réduction de 0,20 à 0,30 dollar américain (environ 0,18 à 0,27 euro) par baril. Cette baisse s’étend également aux livraisons vers les États-Unis (de 0,30 à 0,40 dollar américain, soit environ 0,27 à 0,36 euro par baril) et vers l’Europe du Nord-Ouest et la Méditerranée (une réduction de 0,40 dollar américain, soit environ 0,36 euro par baril). Le prix de vente officiel du brut Arab Light, la qualité phare du royaume, a été abaissé de 0,30 dollar américain par baril, se situant désormais à une prime de 0,30 dollar américain au-dessus des références d’Oman et de Dubaï. Ce niveau représente une diminution par rapport à la prime de 0,60 dollar américain observée pour les chargements de janvier et constitue la prime la plus basse enregistrée depuis plus de cinq ans.
Cette décision saoudienne était largement anticipée par les raffineurs asiatiques, qui prévoyaient une baisse de prix comprise entre 0,10 et 0,30 dollar américain par baril pour les livraisons d’Arab Light en février. En conséquence, les acheteurs d’Asie de l’Est ont réagi en augmentant leurs volumes de commande, estimé à 9 millions de barils supplémentaires.
Parallèlement à ces ajustements de prix, des tensions diplomatiques s’intensifient au Yémen entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, deux membres clés de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Récemment, Ryad a accusé Abou Dhabi de soutenir un chef séparatiste yéménite qui a quitté le pays, avant de reprendre le contrôle de la ville stratégique d’Aden, dans le sud du Yémen. Ces divergences de vues concernant la situation au Yémen exercent une pression à la hausse sur les prix du pétrole, compensant en partie l’impact des sanctions américaines contre l’industrie pétrolière vénézuélienne. Les prix ont ainsi augmenté de 2 dollars américains (environ 1,80 euro) cette semaine, tandis que le West Texas Intermediate a gagné plus d’1 dollar américain (environ 0,90 euro) depuis lundi.