Home AffairesInarrêtable ? La Bourse du Chili dépasse les 11 200 après l’IPC américain

Inarrêtable ? La Bourse du Chili dépasse les 11 200 après l’IPC américain

by Amélie Bernard

Publié le 13 janvier 2024 à 21h08. La Bourse chilienne poursuit sur sa lancée, atteignant de nouveaux sommets grâce à des signaux encourageants de l’économie américaine et à un afflux croissant d’investissements, tandis que les marchés américains affichent des résultats mitigés.

  • L’indice IPSA a progressé de 1,7 % pour atteindre 11 254,48 points, porté par les actions de Parque Arauco, SQM-B et Mallplaza.
  • Les investisseurs particuliers et étrangers contribuent à la dynamique haussière, après les élections et l’amélioration des perspectives économiques.
  • Les données de l’IPC américain de décembre et les perspectives de baisse des taux d’intérêt influencent positivement le marché chilien.

La Bourse chilienne confirme sa robustesse, portée par un optimisme grandissant des investisseurs. Ce mardi, l’indice S&P IPSA a franchi une nouvelle barre historique, affichant une progression de 1,7 % pour clôturer à 11 254,48 points. Les titres de Parque Arauco (hausse de 5,5 %), de SQM-B (hausse de 5 %) et de Mallplaza (hausse de 4,5 %) ont particulièrement contribué à cette performance. Le volume des échanges a dépassé les 280 millions de dollars, un niveau significativement supérieur à la moyenne.

Selon Aldo Morales, responsable adjoint des études sur les revenus variables chez BICE Inversiones, cette dynamique est alimentée par un afflux croissant de capitaux.

« Davantage d’argent arrive des investisseurs vente au détail à travers des fonds communs de placement, qui achètent de grandes sommes, et nous avons également assisté à davantage de flux d’étrangers, surtout après les résultats des élections. Ainsi, alors qu’au cours des trois dernières années les flux nets d’AFP dominaient, nous assistons désormais à un flux plus important de la part des investisseurs particuliers et étrangers. C’est frappant et cela a été observé au niveau général sur le marché boursier. »

Aldo Morales, responsable adjoint des études sur les revenus variables chez BICE Inversiones

Contrairement à d’autres marchés mondiaux, marqués par une volatilité accrue en raison de l’incertitude politique et économique, le Chili bénéficie d’un regain de confiance. Les données de l’indice des prix à la consommation (IPC) américain de décembre, qui ont augmenté de 0,3 % sur un mois et de 2,7 % sur un an, n’ont pas créé de surprise. L’IPC sous-jacent a même progressé de 0,2 % mensuellement et de 2,6 % annuellement, soit un dixième de point de pourcentage de moins que prévu. Ces chiffres ont été particulièrement bien accueillis par le secteur immobilier commercial, sensible aux anticipations concernant les taux d’intérêt.

Les taux d’échange ont légèrement baissé par rapport à leurs homologues américains. Les marchés anticipent désormais une probabilité de 60 % que la Banque centrale chilienne réduise à nouveau son taux directeur dès le mois de mars, et considèrent qu’une baisse est quasiment certaine en avril.

L’action SQM, qui a atteint son plus haut niveau depuis fin 2022, a été soutenue par une recommandation d’achat émise par Deutsche Bank. Cette recommandation met en avant la demande croissante de systèmes de stockage d’énergie et son impact potentiel sur les prix du lithium.

« Du point de vue de la rentabilité et de l’efficacité, SQM prévoit une croissance robuste, avec des bénéfices qui augmenteraient à un taux annuel de 28,3 % et une croissance des revenus de 13,3 %. »

Emanoelle Santos, analyste des marchés XTB Latam

L’analyste souligne que, malgré un ratio cours/bénéfices (P/E) actuel de 42,3 fois, considéré comme élevé, SQM maintient une décote historique par rapport à ses concurrents comme Albemarle, justifiée par un rendement des capitaux propres (ROE) attendu de 26,8 % sur trois ans.

Les marchés étrangers

À Wall Street, la tendance était moins favorable. Le Dow Jones a chuté de 0,8 %, le S&P 500 de 0,2 % et le Nasdaq de 0,1 %, perdant ainsi leurs niveaux records. Cette baisse est attribuée à un renforcement du dollar américain.

« Les traders semblent négliger les données sur l’inflation pour se concentrer sur d’autres catalyseurs potentiellement plus volatils. »

Elior Manier, analyste marché Oanda

L’analyste évoque notamment la possibilité d’une intervention militaire en Iran, qui pourrait entraîner un retour des flux vers le dollar comme valeur refuge. Les déclarations de Donald Trump concernant les protestations en Iran ont également contribué à cette incertitude.

Les actions de JP Morgan (-3,9 %) ont chuté après la publication de ses résultats du quatrième trimestre, suivies par celles de Morgan Stanley (-2 %), Wells Fargo (-1,5 %), Citigroup (-1,2 %) et Bank of America (-1,2 %). Ces résultats ont été décevants, notamment en raison des difficultés rencontrées par les émetteurs de cartes de crédit. Les taux maximums proposés par Trump pourraient également peser sur le secteur.

En Asie, les marchés ont affiché des performances contrastées. Le Hang Seng a progressé de 0,9 %, tandis que le CSI 300 a reculé de 0,6 %. La Bourse de Tokyo, après un long week-end, a connu une forte dynamique, avec une hausse de 3,1 % pour l’indice Nikkei, qui a atteint de nouveaux sommets historiques. Cette progression est alimentée par des rumeurs concernant la possibilité de nouvelles élections anticipées, qui pourraient permettre au Parti libéral-démocrate au pouvoir de mettre en œuvre des mesures de relance budgétaire plus ambitieuses.

« S’il n’était plus nécessaire de faire des concessions aux partis d’opposition, il est probable que le Parti libéral-démocrate au pouvoir agirait de manière plus ambitieuse et plus audacieuse concernant tout projet d’assouplissement budgétaire. »

Michael Brown, stratège principal de Pepperstone

Ces mesures seraient favorables aux actions nationales, mais pourraient peser sur les obligations d’État japonaises à long terme.

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