Publié le 2024-11-22 14:35:00. Une nouvelle approche thérapeutique combinant deux types d’inhibiteurs pourrait permettre de surmonter la résistance aux traitements dans un type agressif de cancer du poumon, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour les patients porteurs de mutations du gène KRAS.
- Une combinaison d’inhibiteurs pan-ERBB et d’inhibiteurs de la kinase Aurora a montré des résultats prometteurs pour contrer la résistance tumorale.
- Environ un tiers des adénocarcinomes du poumon présentent des mutations KRAS, souvent associées à une réponse thérapeutique limitée dans le temps.
- Les chercheurs estiment que cette stratégie pourrait accélérer le développement de traitements plus efficaces, certains inhibiteurs étant déjà approuvés ou en phase d’essais cliniques.
Face à l’agressivité de certains cancers du poumon et à leur capacité à développer une résistance aux traitements, une équipe internationale de chercheurs explore une nouvelle voie thérapeutique. Leur travail, axé sur l’adénocarcinome du poumon porteur de mutations du gène KRAS, pourrait changer la donne pour les patients confrontés à cette forme particulièrement difficile à traiter.
L’étude, publiée dans la revue npj Oncologie de précision, met en lumière l’efficacité d’une combinaison d’inhibiteurs pan-ERBB et d’inhibiteurs de la kinase Aurora. Ces deux types de molécules, en agissant de concert, semblent capables de vaincre la résistance tumorale, un obstacle majeur dans la lutte contre ce cancer.
Les mutations KRAS sont présentes dans environ un tiers des cas d’adénocarcinome du poumon. Bien que des inhibiteurs spécifiques ciblant la mutation KRAS-G12C, comme le sotorasib, soient désormais disponibles, leur efficacité est souvent de courte durée, la tumeur finissant par développer une résistance. Cette situation souligne l’urgence de trouver des stratégies thérapeutiques offrant des réponses plus durables.
Les chercheurs ont découvert, grâce à un criblage de composés, que l’ajout d’inhibiteurs de l’Aurora kinase (AURK) renforçait considérablement l’action des inhibiteurs pan-ERBB, qui ciblent les familles de récepteurs de croissance cellulaire. La co-inhibition de ces deux cibles moléculaires a permis de réduire significativement la viabilité et la prolifération des cellules tumorales en laboratoire, et de surmonter la résistance aux inhibiteurs dans les modèles testés.
Selon l’étude, le ciblage combiné de l’ERBB et de l’AURK provoque un double effet : il bloque la prolifération des cellules cancéreuses et déclenche des mécanismes conduisant à leur mort. Cette approche permet ainsi d’inverser les processus par lesquels les cellules cancéreuses acquièrent une résistance aux traitements existants.
Les auteurs de l’étude soulignent que certains des inhibiteurs utilisés sont déjà approuvés pour une utilisation clinique, tandis que d’autres sont en cours d’évaluation dans le cadre d’essais cliniques. Cette situation laisse entrevoir la possibilité d’une mise en pratique relativement rapide de cette nouvelle stratégie thérapeutique.
Cette recherche, publiée dans npj Oncologie de précision, propose donc un modèle thérapeutique prometteur pour le cancer du poumon avec mutations KRAS, en combinant des inhibiteurs pan-ERBB et Aurora kinase. Au-delà de l’amélioration de l’efficacité antitumorale observée en laboratoire, cette stratégie s’attaque à l’un des défis majeurs de l’oncologie moderne : la résistance aux thérapies ciblées.
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