Une pétition intitulée pas de fusils sur les cendres
, lancée sur la plateforme Change.org par Bruno Valentin, a rassemblé 303 805 signatures au 30 juillet. Cette mobilisation fait suite aux incendies de l’été 2026 ayant touché la forêt de Fontainebleau ainsi que celles des Landes et de la Gironde, où plus de 42 000 hectares ont brûlé.
Trois mesures pour protéger la faune sauvage
Le lanceur de la pétition, Bruno Valentin, qui se définit comme un citoyen engagé
et non comme un expert en écologie ou un politique de carrière, demande l’adoption de trois mesures spécifiques pour soutenir les animaux ayant survécu aux flammes :
- L’interdiction totale de toute forme de chasse, incluant la vénerie sous terre, la chasse à courre et le tir, dans tous les massifs forestiers incendiés durant l’été 2026.
- L’instauration d’un périmètre de protection autour des zones brûlées afin que les animaux puissent se réfugier dans les parcelles épargnées sans être traqués.
- L’adoption d’un moratoire d’au moins trois ans, délai jugé nécessaire pour permettre la régénération de la végétation et la reprise naturelle des cycles de reproduction.
Le texte souligne que les animaux survivants sont épuisés, affamés et privés de points d’eau et d’abris.
Un écosystème fragilisé
L’urgence de ce moratoire est appuyée par des observations sur le terrain. Philippe Grandcolas, directeur de recherche au CNRS et écologue, estime que la mise en pause de la chasse est complètement indispensable
au vu du stress et de la fragilité de la faune. Il considère que la chasse constituerait une pression supplémentaire entravant le retour à l’équilibre des espèces.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a déclaré le 27 juillet que les pertes seraient extrêmement importantes
pour l’ensemble de la faune, citant notamment les cerfs et les oiseaux. Si les grands mammifères comme les sangliers, renards, chevreuils et cerfs peuvent fuir le feu, ils se retrouvent ensuite en compétition avec leurs congénères pour de nouveaux habitats. En revanche, les espèces moins mobiles, telles que les insectes, les amphibiens, les reptiles et les petits mammifères, meurent souvent sur place. En Gironde, des espèces en danger comme le lézard ocellé ou le pélobate cultripède sont particulièrement touchées.
Réactions et oppositions
L’initiative est contestée par les représentants de la chasse. Nicolas Rivet, directeur général de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), a qualifié d’ aberrant
l’idée d’un moratoire national. Il a affirmé faire confiance au bon sens des chasseurs locaux, précisant que ces derniers n’ont pas chassé lors des fortes températures et ont aidé à abreuver la faune sauvage.

Certains chasseurs, comme Patrick, un retraité de l’Hérault interrogé par RMC, jugent la pétition inutile, arguant que le gibier sera absent de ces territoires pendant des années. Il a également rappelé l’implication des chasseurs dans la réintroduction du gibier et leur aide aux sapeurs-pompiers en Gironde grâce à leur connaissance du terrain.
Parallèlement à l’action de Bruno Valentin, d’autres initiatives ont émergé, notamment une pétition d’Amadeus, fondateur de l’association FUTUR, demandant le report de plusieurs mois de l’ouverture de la chasse dans les zones brûlées. Des pétitions similaires ont également été déposées auprès du Sénat et de l’Assemblée nationale.
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