Une nouvelle vague d’intempéries et de glissements de terrain a fait environ trente morts au Népal, alors que le pays tente de se relever des inondations catastrophiques d’août dernier. Des centaines de randonneurs ont dû être évacués par hélicoptère du célèbre circuit de l’Annapurna, tandis que les autorités locales gèrent de graves dégâts matériels.
Une situation critique pour les habitants et les randonneurs au Népal
Selon l’autorité nationale de gestion des catastrophes, mentionnée par la BBC, plus de 1 900 familles ont été touchées à travers le pays et plus de 240 habitations ont subi d’importants dégâts. Des routes, des bâtiments et des ponts ont été emportés par les flots, tandis que Metro a rapporté d’autres aspects de ces destructions, comme les inondations au niveau d’un projet hydroélectrique de 40 mégawatts sur la rivière Rahuganga, confirmées par le ministre des Ressources en eau et de l’Énergie Biraj Bhakta Shrestha. Ces intempéries aggravent le bilan d’une saison déjà marquée par les inondations de l’été, qui avaient fait 1 400 morts selon la BBC, ou même plus de 1 450 morts d’après les chiffres fournis par Shanti Mahat, porte-parole de la National Disaster Risk Reduction, citée par Metro, avec des milliers de disparus.
De nombreux habitants se retrouvent sans abri et trouvent refuge dans des tentes de secours. À Battar, une localité située au nord-ouest de Katmandou, les sinistrés témoignent des pertes subies. Buti Tamang, une habitante, a raconté que « nous vivions dans une hutte, mais il ne reste plus rien. Nous avons perdu un si grand nombre de nos proches ». Un autre résident, Ramesh Ghale, a décrit la précarité de leur installation temporaire sous la pluie dans les districts touchés. Par ailleurs, Metro a signalé qu’au moins trois enfants et une femme figuraient parmi les victimes après avoir été ensevelis par un glissement de terrain ayant détruit leur maison dans le district de Baglung pendant leur sommeil.

L’évacuation périlleuse des randonneurs sur le circuit de l’Annapurna
Sur le circuit de l’Annapurna, vital pour l’économie touristique du Népal, la situation a contraint des centaines de marcheurs à abréger leur périple. De multiples touristes ont été héliportés en urgence hors des districts de Manang et de Mustang. Le retour vers les zones sécurisées s’est révélé complexe pour les groupes pris au piège par la boue, la neige et les ponts détruits.
Jake Stacy, un randonneur britannique de 21 ans originaire du Suffolk, s’est retrouvé bloqué avec son guide à Yak Kharka en raison d’importantes chutes de neige, renonçant à franchir le col de Thorong La. Jake Stacy a rapporté que « nous avons tracé nos propres chemins sur les pentes des montagnes. C’était très escarpé et nous devions progresser en grimpant car la rivière coulait en contrebas… C’était très boueux et très humide ». Il a finalement pu regagner le camp de base à Pokhara, confirmant l’ampleur des opérations d’évacuation aérienne rapportées par les agences de presse.

D’autres voyageurs, comme l’Australien Andrew Graham et son guide Prem KC, ont dû traverser plus de quinze glissements de terrain pour redescendre du village de Manang après avoir passé une nuit dans la jungle près de Chame. Dans cette dernière localité, un glissement de terrain massif a partiellement bloqué une rivière, formant un lac temporaire qui a inondé des maisons et un pont stratégique, tandis que des sources locales interrogées par la BBC ont précisé que les autorités tentaient depuis trois jours de libérer l’eau à l’aide d’excavateurs sans grand succès.
Témoignages et restrictions sur les sentiers himalayens
Pour les guides locaux, la tension psychologique a souvent surpassé la difficulté physique, ravivée par le souvenir des catastrophes du mois précédent. La guide Tse Ring Doma a indiqué avoir dû traverser vingt-huit zones de glissements de terrain avec son groupe, précisant que le moindre tonnerre poussait les marcheurs à fuir par crainte d’un nouvel éboulement. Sa cliente norvégienne, Ellen Wahlström, a souligné que les visiteurs étrangers ne laissaient derrière eux que du matériel, tandis que les populations locales risquaient de perdre leurs habitations et leurs terres pour de bon, tout en notant que les autorités déblayaient les éboulements « étonnamment vite ».
Malgré la gravité des dégâts matériels dans le district de Manang et les communications coupées dans certaines zones, le responsable administratif local Mukti Prasad Khanal a confirmé qu’aucun décès n’avait été recensé au sein de la région de trek elle-même.
À Pokhara, environ 700 randonneurs patientent toujours dans l’attente d’une réouverture des sentiers. Un représentant de l’organisme de conservation de la région, l’Annapurna Conservation Area Project, a indiqué que des centaines de trekkers attendaient encore dans la ville.