Publié le 26 décembre 2025 à 03h37. La musique, bien plus qu’un simple divertissement, s’avère un puissant outil thérapeutique pour les personnes de tous âges, capable de débloquer des émotions, de stimuler les capacités cognitives et de favoriser l’inclusion sociale. Val Santos, musicothérapeute brésilien, témoigne de la transformation profonde qu’elle opère dans la vie de ses patients.
- La musicothérapie offre un espace d’expression et de régulation émotionnelle, particulièrement bénéfique pour les enfants.
- Chez les personnes âgées, elle peut raviver des souvenirs précieux et ralentir le déclin cognitif, notamment en cas de démence.
- Malgré ses bienfaits reconnus, la musicothérapie au Brésil peine à obtenir une reconnaissance et un financement adéquats.
Pour Val Santos, l’aventure a commencé de manière inattendue. Invité à se produire lors d’un simple récital voix-guitare, il a découvert que son public était composé de personnes neurodivergentes issues d’un centre thérapeutique. Au lieu de se contenter de chanter, il a spontanément décidé de créer de la musique avec elles. « C’est là qu’est née l’Expérience Musicale », se souvient-il. « J’ai réalisé à quel point la musique connecte, inclut et libère. Et j’ai voulu comprendre cela en profondeur. »
Aujourd’hui, Val Santos combine technique, sensibilité et détermination pour transformer des vies grâce à la musicothérapie, de l’enfance à la vieillesse. Il met en avant l’impact profond de cette discipline sur le développement de l’enfant, notamment sur les plans cognitif et émotionnel. Pour les plus jeunes, la musique n’est pas seulement un divertissement, mais un espace sécurisé pour ressentir, expérimenter et s’exprimer.
« Cela les aide à s’autoréguler émotionnellement, réduit l’anxiété et renforce l’estime de soi. Lorsque l’enfant perçoit qu’il participe activement, qu’il est capable de suivre un rythme ou d’inventer une mélodie, il se sent capable. »
Val Santos, musicothérapeute
Les bénéfices cognitifs sont également significatifs : concentration, mémoire, organisation de la pensée et raisonnement séquentiel sont stimulés. Val cite l’exemple du groupe servi par le projet Vivencia Musical – Mari, Dudu et David – qui possèdent une mémoire musicale exceptionnelle. « Je joue la mélodie et ils identifient la chanson. Cela stimule intensément le cerveau », souligne-t-il.
En milieu scolaire, la musique devient un outil précieux d’inclusion. Partager une expérience musicale en groupe, qu’il s’agisse de jouer d’un instrument, de chanter ou de pratiquer des percussions corporelles, encourage le respect, l’écoute et la collaboration. La diversité se transforme alors en harmonie.


Chez les personnes âgées, en particulier celles atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’autres formes de démence, la musique agit comme une véritable « capsule temporelle ». « Elle permet d’accéder à des souvenirs que d’autres thérapies ne peuvent pas atteindre », explique Val Santos. Une chanson peut raviver des souvenirs émotionnels, réveiller des émotions profondes et même ralentir le déclin cognitif.
La musicothérapie contribue également à réduire l’anxiété, l’agitation et l’isolement, des symptômes fréquents de la démence. Le simple fait de chanter ou de jouer en groupe favorise l’accueil et la reconnexion.
Le choix du répertoire est primordial : il doit respecter l’histoire sonore du patient, un concept que les musicothérapeutes appellent l’ISO (Sound Identity). Pour de nombreux Brésiliens âgés, les chansons des années 40 à 60, les sérénades, les boléros et les sambas de la vieille école constituent de véritables portails vers des souvenirs heureux. Francisco Alves, Lupicínio Rodrigues, Orlando Silva et Pixinguinha sont souvent présents lors des séances.


La musicothérapie est également un outil d’inclusion puissant. Dans les écoles, les institutions ou les communautés, elle permet de créer des liens. Pour les personnes handicapées, elle stimule la communication, l’expression, la créativité et la socialisation, même lorsque le langage verbal est limité. Pour les personnes souffrant de déficiences physiques ou neurologiques, la musique agit comme une ressource motrice et cognitive, soutenant les processus de rééducation.
Travailler avec des groupes aussi diversifiés présente des défis. Val Santos souligne les différences d’âge, les barrières de communication, les conflits potentiels, les goûts musicaux variés et les besoins individuels spécifiques. Pourtant, la musique ouvre des voies : « C’est ce qui dépasse les préjugés, ce qui nous rapproche, ce qui traduit des émotions qui ne peuvent être exprimées avec des mots. »
Bien que reconnue comme une pratique intégrative par le ministère de la Santé brésilien, la musicothérapie peine encore à être pleinement comprise et valorisée. Val Santos identifie trois obstacles majeurs : le manque de reconnaissance publique, les difficultés de remboursement par les assurances maladie et l’intégration limitée dans le système de santé publique (SUS – Sistema Único de Saúde).
« N’abandonnez pas le traitement. Investir dans la musicothérapie, c’est investir dans l’être humain, dans son développement et son bien-être émotionnel. La musique accueille tout le monde, sans distinction. Elle ne connaît pas de préjugés : elle invite à la connexion et à la connaissance de soi. »
Val Santos, musicothérapeute
Pour Val Santos, la musicothérapie est bien plus qu’une technique : c’est une véritable rencontre humaine. Dans un monde saturé de bruit, elle offre un espace où chaque son trouve un sens et où chaque personne trouve sa place pour être entendue.
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