Wall Street a terminé la semaine du 15 juin 2026 sur une performance record, portée par un accord historique entre les États-Unis et l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz et l’introduction en Bourse (IPO) de SpaceX, qui a propulsé Elon Musk au rang de premier trillionnaire. Le Dow Jones a atteint un sommet à 51 671,03 points, tandis que le Nasdaq, dominé par les géants technologiques, a bondi de 3,07%. La baisse des cours du pétrole et les espoirs d’une politique monétaire plus accommodante de la Fed ont alimenté l’optimisme des marchés.
Un accord géopolitique qui fait trembler les marchés
L’annonce d’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à quatre mois de tensions et rouvrir le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour 20% du commerce mondial de pétrole brut, a déclenché une vague d’optimisme sur les marchés financiers. Selon France 24, le président américain Donald Trump a confirmé que le détroit serait « complètement ouvert » dès vendredi, jour de la cérémonie de signature à Genève. Cette perspective a entraîné une chute de près de 5% des cours du pétrole, apaisant les craintes inflationnistes et relançant la confiance des investisseurs.

Pourtant, les analystes restent prudents. Gregory Brew, de Eurasia Group, estime qu’il faudra « quelques semaines, voire jusqu’à un mois » pour que les flux pétroliers reviennent à environ la moitié de leur niveau d’avant-guerre, en raison des opérations de déminage nécessaires. Cette incertitude temporaire n’a pas empêché les indices boursiers de s’envoler : le Dow Jones a progressé de 0,92%, le S&P 500 de 1,65%, et le Nasdaq de 3,07%, tiré par les géants technologiques comme Nvidia (+3,54%), Alphabet (+2,59%), Apple (+1,82%) et Microsoft (+2,31%).
SpaceX : l’IPO qui redéfinit les superlatifs
L’autre événement phare de la semaine a été l’introduction en Bourse de SpaceX, qui a littéralement explosé les records. Selon Zonebourse, l’action a bondi de 19,6% à 192,50 dollars lors de sa première journée de cotation, propulsant la valorisation de l’entreprise à plus de 2 500 milliards de dollars, soit presque autant qu’Amazon. Elon Musk, principal actionnaire, a vu sa fortune personnelle atteindre des sommets inédits, avec une participation dans SpaceX estimée à plus de 830 milliards de dollars. Avec Tesla, sa fortune totale frôle désormais les 1 110 milliards de dollars, selon les estimations.

For more on this story, see Les Bourses mondiales tablent sur un accord USA-Iran, la tech recherchée.
Cette IPO historique a aussi créé des milliers de millionnaires parmi les salariés et dirigeants de SpaceX, et relance les débats sur la concentration des richesses et l’influence des géants technologiques. Comme le souligne Zonebourse, les fortunes cumulées de quelques actionnaires de SpaceX dépassent désormais le PIB de plusieurs pays d’Afrique ou d’Amérique centrale. Une situation qui pourrait, à terme, influencer le paysage politique américain, où les candidats disposant de tels moyens financiers ont un avantage démesuré.
L’impact de cette introduction en Bourse ne se limite pas à SpaceX. Les actions des compagnies aériennes, sensibles aux fluctuations du prix du pétrole, ont profité de la baisse des cours : United Airlines (+3,9%), Delta Air Lines (+1,22%), et Alaska Air Group (+3,72%) ont toutes enregistré des gains significatifs. À l’inverse, les géants pétroliers ont subi des pertes, avec Exxon Mobil (-4,13%), Chevron (-3,64%) et ConocoPhillips (-4,00%).
La Fed et l’ombre des « 4 sorcières » du 2e trimestre
La perspective d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran a aussi des répercussions sur la politique monétaire. Selon France 24, cette annonce « allège quelque peu la pression qui pèse sur la Fed pour qu’elle relève ses taux ». Les marchés anticipent que la banque centrale américaine maintienne ses taux directeurs inchangés lors de sa prochaine réunion, prévue mardi et mercredi sous la présidence de Kevin Warsh. Le rendement à dix ans des obligations américaines reste stable autour de 4,47%, reflétant une certaine stabilité malgré les incertitudes géopolitiques persistantes.
This follows our earlier report, Asie: l’espoir d’un accord USA-Iran soutient les marchés.

Cependant, l’optimisme des marchés reste fragile. Le Nasdaq a connu une chute brutale mardi, perdant 2,56%, sous la pression des valeurs technologiques et des semi-conducteurs, comme le rapporte Médias24. Cette correction s’inscrit dans un contexte de prises de bénéfices et de craintes liées à l’afflux d’introductions en Bourse massives, notamment celle de SpaceX, mais aussi les dossiers déposés par Anthropic et OpenAI. Fiona Cincotta, de StoneX, souligne que « la concentration de ces arrivées d’une telle ampleur sur une période aussi courte constituera un test décisif pour les valeurs technologiques à forte croissance ».
Par ailleurs, l’indice VIX, surnommé « l’indice de la peur », a replongé de 9% à 17,7 après une semaine de baisse de 20%, selon Zonebourse. Cette tendance reflète une confiance accrue des investisseurs, malgré les « 4 sorcières » du 2e trimestre — un terme désignant les événements majeurs (IPO, résultats trimestriels, échéances fiscales) qui pourraient influencer les marchés dans les semaines à venir.
Qui gagne, qui perd, et quels sont les risques résiduels ?
Les gagnants de cette semaine sont clairs : les secteurs technologiques, les compagnies aériennes et les investisseurs en actions ont profité de la combinaison d’un accord géopolitique et d’une IPO historique. Les perdants, en revanche, sont les géants pétroliers et les investisseurs en obligations, dont les rendements restent sous pression malgré la baisse des cours du brut. Les risques résiduels, eux, tiennent à la lenteur de la réouverture du détroit d’Ormuz et à la volatilité persistante des marchés technologiques.
Read also: Marchés US bondissent : accord Iran-USA relance l’optimisme et fait exploser les indices.
Pour Peter Cardillo, analyste chez Spartan Capital Securities, cité par France 24, cette chute du Nasdaq était « saine » après une progression quasi continue des indices américains. Il rappelle que « les actions peuvent baisser autant qu’elles peuvent monter », une leçon que les marchés technologiques semblent devoir réapprendre après des mois de hausse continue.
À court terme, les investisseurs surveilleront de près la réunion de la Fed, prévue cette semaine, ainsi que les prochaines annonces géopolitiques. À plus long terme, l’impact de l’IPO de SpaceX et la concentration des richesses chez quelques milliardaires pourraient bien redéfinir les équilibres économiques et politiques aux États-Unis, comme le soulignent les analystes.
En résumé, cette semaine a été marquée par un mélange de soulagement géopolitique, d’euphorie boursière et de rappels brutaux de la volatilité des marchés. Les prochains mois seront décisifs pour savoir si cette tendance se maintient ou si les incertitudes reprennent le dessus.
Find more reporting in our Affaires section.