Publié le 14 décembre 2023 à 10h45. Le laboratoire danois Bavarian Nordic se retrouve à revoir sa stratégie financière après l’échec d’une offre de rachat, et envisage désormais de nouvelles sources de financement qui pourraient diluer la participation des actionnaires ou augmenter son endettement.
- L’offre publique d’achat du consortium Nordic Capital/Permira a été retirée en novembre suite à l’opposition de certains actionnaires.
- La direction, qui avait jusqu’alors exclu de nouvelles levées de fonds, évoque désormais des emprunts ou une augmentation de capital.
- Un programme de rachat d’actions, d’un montant maximal de 500 millions de couronnes danoises (DKK), est en cours.
L’avenir de Bavarian Nordic est incertain après l’abandon de l’offre de rachat. L’absence d’un acheteur stratégique oblige l’entreprise à reconsidérer ses options de financement pour soutenir son programme de croissance et d’éventuelles acquisitions. Lors d’une réunion d’investisseurs à Copenhague, le PDG Paul Chaplin a ouvertement évoqué deux pistes : le recours à de nouveaux emprunts bancaires ou obligataires, ou un retour sur les marchés financiers pour lever des fonds propres.
Ce changement de cap marque un tournant stratégique. Le marché anticipe deux risques principaux : une dilution du capital en cas d’augmentation de capital, et une augmentation des charges financières liées à un nouvel endettement. Ces deux scénarios pourraient peser sur la valorisation de l’entreprise, en réduisant les bénéfices par action et sa flexibilité financière.
L’échec de l’offre publique d’achat de Nordic Capital et Permira, soutenue par le conseil d’administration et le conseil de surveillance, a laissé Bavarian Nordic sans un “filet de sécurité” financier. L’entreprise doit désormais financer seule ses projets de développement et ses acquisitions potentielles. La récente communication du PDG souligne que les ressources financières actuelles pourraient ne pas suffire à atteindre ces objectifs.
Paradoxalement, Bavarian Nordic a lancé un programme de rachat d’actions d’un montant maximal de 500 millions de DKK le 2 décembre. Cette opération vise à soutenir le cours de l’action et à réduire le nombre d’actions en circulation, mais elle contraste avec l’annonce de la possible recherche de nouvelles sources de financement. Les observateurs y voient le signe d’une tension croissante entre le maintien du cours de l’action et la nécessité de financer la croissance.
Sur le plan technique, la situation n’est pas favorable. Le titre affiche une baisse d’environ 3 % par rapport à sa moyenne sur 200 jours, signalant une tendance générale à la baisse. La moyenne sur 50 jours est également nettement plus élevée, confirmant cette tendance récente. L’indice de force relative (RSI) se situe à 35,3, juste au-dessus de la zone de survente, ce qui indique une faiblesse persistante plutôt qu’une baisse excessive.
Dans les prochaines semaines, la stratégie de financement spécifique choisie par la direction sera déterminante. Une approche claire et structurée, combinant emprunts et éventuelles levées de fonds, associée à un plan d’investissement compréhensible, pourrait restaurer la confiance des investisseurs. À l’inverse, des décisions floues ou tardives risquent de prolonger les craintes de dilution ou d’endettement et de freiner davantage le cours de l’action.
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