Abu Dhabi accueille jusqu’au 6 novembre la 41e édition d’ADIPEC, le forum mondial de l’énergie, où les leaders du secteur et les décideurs politiques appellent à une approche pragmatique de la transition énergétique, axée sur l’investissement et l’innovation.
Dans son discours d’ouverture, le Dr Sultan Ahmed Al Jaber, ministre de l’Industrie et des Technologies avancées et PDG du groupe ADNOC, a plaidé pour une politique énergétique réaliste, capable de stimuler la croissance économique et d’attirer les investissements. Il a mis en garde contre les approches idéologiques et les réglementations irréalistes, soulignant qu’elles risquent d’affaiblir les économies et de freiner l’innovation.
« Il faut être pragmatique, pas simplement afficher de bonnes intentions », a insisté le Dr Al Jaber. Il a souligné que la confiance des investisseurs est renforcée par des politiques ancrées dans la réalité et offrant une prévisibilité claire.
Selon lui, les Émirats arabes unis illustrent cette approche en optimisant leur production énergétique, en attirant des capitaux et en investissant dans des technologies de pointe. « Les capitaux mondiaux continuent d’affluer vers les Émirats arabes unis parce que les investisseurs apprécient la crédibilité, la prévisibilité et la confiance », a-t-il affirmé.
ADNOC met l’accent sur l’intelligence artificielle (IA) pour améliorer son efficacité et sa performance. L’entreprise a déjà intégré plus de 200 applications de l’IA dans ses opérations, de l’extraction à la commercialisation, réduisant ainsi les arrêts imprévus et améliorant la précision des prévisions de production, qui devraient atteindre 90 % grâce au programme “Energy to the Power of AI”. L’objectif affiché est de devenir « l’entreprise énergétique la plus native en matière d’IA ».
Face à la volatilité des marchés, le Dr Al Jaber a appelé à se concentrer sur les signaux essentiels : « Il faut éliminer le bruit et suivre le signal. » Il a souligné que, malgré les incertitudes à court terme, la demande énergétique mondiale à long terme reste forte, nécessitant un équilibre entre discipline budgétaire et investissement.
Il a estimé qu’un investissement annuel de 4 000 milliards de dollars (environ 3 700 milliards d’euros) sera nécessaire pour moderniser les réseaux, les centres de données et les systèmes énergétiques. « On ne peut pas gérer l’économie de demain avec le réseau d’hier », a-t-il averti, soulignant l’augmentation de la demande d’électricité liée à l’essor des centres de données, à l’urbanisation et à l’aviation.
Le Dr Al Jaber a précisé que la demande de pétrole restera supérieure à 100 millions de barils par jour au-delà de 2040, notamment pour la production de matériaux. Il a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une simple transition énergétique, mais d’un renforcement global de l’offre énergétique.
Lors de l’ENACT Majlis, qui a précédé ADIPEC, des dirigeants des secteurs de l’énergie, de la technologie, de la finance et de la politique se sont réunis pour discuter de la synergie entre l’énergie et l’IA. Le Dr Al Jaber a souligné que le gaz fournit actuellement plus d’un quart de l’énergie nécessaire aux centres de données, et que la pénurie de turbines à gaz crée des tensions sur le marché.
Il a également mis en avant l’attractivité des Émirats arabes unis pour les investissements : « Lorsque l’efficacité compte, c’est ici que se trouvent les barils les moins coûteux et les moins polluants. Lorsque le capital recherche la certitude, c’est ici que vous trouverez le meilleur rapport qualité-prix. » ADNOC, via sa branche d’investissement XRG, a conclu des accords gaziers au Mozambique, en Égypte, au Turkménistan, en Azerbaïdjan et aux États-Unis, et investit dans des infrastructures énergétiques intelligentes sur les cinq continents.
« Nous sommes ouverts aux affaires, mais plus encore, nous sommes ouverts à l’audace », a conclu le Dr Al Jaber.
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