L’intelligence artificielle (IA) s’invite de plus en plus dans les cabinets médicaux et les hôpitaux, transformant la gestion des revenus et suscitant à la fois espoirs et réserves. Selon une récente enquête menée par Experian Health, près des deux tiers des prestataires de soins de santé ont déjà intégré l’IA dans leurs processus de facturation et de recouvrement, mais son adoption complète reste freinée par des préoccupations liées à la sécurité, à la précision et aux coûts.
La vérification de l’éligibilité des patients et l’accès aux soins sont actuellement considérés comme les applications les plus prometteuses de l’IA, permettant d’automatiser des tâches chronophages et de réduire les erreurs administratives. Cependant, les professionnels de santé se montrent plus prudents lorsqu’il s’agit de confier à l’IA des décisions critiques, préférant conserver un contrôle humain.
L’enquête d’Experian Health, réalisée auprès de 200 décideurs du secteur en octobre 2025, révèle que la confidentialité et la sécurité des données constituent le principal obstacle à une adoption plus large de l’IA, citées par 50 % des répondants. La précision des résultats (41 %) et les coûts d’implémentation sont également des freins importants.
Les hôpitaux semblent plus enclins à faire confiance à l’IA que les autres types d’établissements de santé. La moitié des hôpitaux interrogés se disent pleinement ou principalement confiants dans la technologie, contre seulement 28 % des autres organisations. L’Association des hôpitaux américains a d’ailleurs souligné l’impact positif de l’IA sur les soins cliniques et son potentiel pour alléger la charge administrative.
En matière de cycle de revenus, les prestataires estiment que l’IA peut apporter le plus de valeur en amont du processus, notamment en améliorant la vérification de l’assurance et la planification des rendez-vous. Plus de la moitié (52 %) placent l’éligibilité à l’assurance et la vérification des prestations parmi les trois principales opportunités offertes par l’IA. Des outils comme Patient Access Curator™ (PAC) permettent d’automatiser la mise à jour des informations d’assurance, réduisant ainsi les erreurs et les retards.
« Une grande partie des problèmes de refus de remboursement est due à des frictions dans les flux de travail et à des informations d’enregistrement incomplètes ou inexactes au point d’entrée », explique Clarissa Riggins, directrice des produits chez Experian Health. « Résoudre ces problèmes dès le début devrait améliorer la situation des réclamations en aval. »
Bien que moins souvent citée, la prévention des refus de remboursement représente également un domaine où l’IA peut s’avérer efficace. Selon l’enquête State of Claims 2025 d’Experian Health, 69 % des utilisateurs de l’IA ont constaté une réduction des refus et une amélioration des taux de resoumission. Des solutions comme AI Advantage™ utilisent l’analyse prédictive pour identifier les risques de refus et optimiser le recouvrement des créances.
Malgré les appréhensions, la majorité des responsables du secteur de la santé s’attendent à ce que l’utilisation de l’IA continue de croître au cours des trois à cinq prochaines années. Ils soulignent toutefois la nécessité de maintenir une surveillance humaine pour garantir la fiabilité et la sécurité des systèmes.
Pour les organisations qui souhaitent se lancer dans l’IA, Clarissa Riggins recommande de commencer par des projets pilotes ciblés sur des processus spécifiques, tels que la vérification de l’éligibilité ou la modification des demandes. L’IA ne vise pas à remplacer le personnel, mais à le soutenir en automatisant les tâches répétitives et en libérant du temps pour des activités à plus forte valeur ajoutée.
