Publié le 2024-11-16 10:22:00. Des recherches menées sur des souris révèlent que la protéine Afadin joue un rôle crucial dans la migration et l’organisation des neurones de la rétine, ouvrant de nouvelles perspectives sur le développement du système nerveux central.
- La protéine Afadin influence significativement la migration des neurones rétiniens et leur répartition en couches.
- L’étude utilise un modèle de souris génétiquement modifié pour cibler spécifiquement l’Afadin dans le développement de la rétine.
- Bien que l’Afadin ait un impact limité sur la différenciation cellulaire, son rôle dans l’organisation neuronale est clairement établi.
Le système nerveux central (SNC) se développe grâce à la formation de circuits neuronaux complexes, un processus affiné par l’activité et la mort cellulaire programmée. Comprendre comment les neurones établissent ces connexions, et notamment comment les molécules présentes à leur surface guident leur migration et la formation des synapses, reste un défi majeur pour les neuroscientifiques. Les molécules d’adhésion cellulaire (CAM) sont reconnues comme des acteurs clés dans ce processus, influençant la stratification des neurones et la création de synapses.
Des études antérieures, notamment celles menées par l’équipe de recherche, ont mis en évidence l’importance des cadhérines de type II (Cdhs) dans l’établissement de synapses précises entre les cellules ganglionnaires rétiniennes (RGC) et les cellules bipolaires (BC), ainsi qu’entre les RGC et les cellules amacrines (AC) (Duan et coll., 2014; Duan et coll., 2018). La β-caténine, composant essentiel des complexes de jonction adhérente (AJ), est également impliquée dans l’organisation laminaire neuronale, et sa déficience peut entraîner des anomalies du développement et une perte significative de neurones rétiniens (Fu et coll., 2006).
La protéine Afadin, une protéine adaptatrice cytosolique, joue un rôle de lien entre la nectine – une molécule d’adhésion cellulaire – et les microfilaments d’actine du cytosquelette (Mandai et al., 1997; Takai et Nakanishi, 2003; Takahashi et coll., 1999; Takai et coll., 2008). Bien qu’elle interagisse avec plusieurs protéines des AJ, Afadin ne constitue pas un élément indispensable du complexe cadhérine-caténine (Sawyer et coll., 2009).
Des études antérieures sur le cerveau de souris ont montré que la perte d’Afadin dans l’hippocampe et le cortex entraîne une diminution de la densité des épines dendritiques et du nombre de synapses, avec des effets variables sur la ramification dendritique (Beaudoin et coll., 2012). De plus, l’absence d’Afadin dans le télencéphale de la souris perturbe la localisation cellulaire et conduit à la formation d’un double cortex (Yamamoto et coll., 2015; Gil-Sanz et coll., 2014). Chez la mouche Drosophila, l’homologue d’Afadin, appelé Canoë, présente des phénotypes mutants dans l’œil ommatidial, probablement liés à des perturbations des jonctions cellulaires ou du complexe synaptique (Yu et Zallen, 2020; Mandai et al., 2013).
La rétine de souris, avec sa structure laminaire organisée et ses six types de neurones bien définis – photorécepteurs (bâtonnets et cônes), cellules horizontales, cellules bipolaires, cellules amacrines, cellules ganglionnaires et cellules gliales de Müller – constitue un modèle idéal pour étudier le rôle d’Afadin dans le développement neuronal (Turner et Cepko, 1987; Cepko, 2014; Livesey et Cepko, 2001; Yan et coll., 2020). En utilisant un modèle de souris génétiquement modifié (Six3Cré; AfadineF/F) permettant de supprimer l’expression d’Afadin de manière conditionnelle, les chercheurs ont démontré que cette protéine est essentielle à la migration neuronale et à l’organisation des couches neuronales de la rétine, sans pour autant affecter significativement la différenciation cellulaire.