Home SantéAlerte cancer : une recrudescence du cancer du sein moins connu aux États-Unis ; qu’est-ce que c’est et les signaux d’alarme à surveiller

Alerte cancer : une recrudescence du cancer du sein moins connu aux États-Unis ; qu’est-ce que c’est et les signaux d’alarme à surveiller

by Sophie Martin

Publié le 10 octobre 2024 à 00:36:00. Un sous-type de cancer du sein moins connu, le carcinome lobulaire invasif (CLI), est en augmentation aux États-Unis, suscitant l’inquiétude des spécialistes face à sa discrétion et à ses potentiels retards de diagnostic.

  • Le nombre de nouveaux cas de carcinome lobulaire invasif (CLI) devrait atteindre environ 33 600 aux États-Unis cette année.
  • L’incidence du CLI a augmenté d’environ 2,8 % par an entre 2012 et 2021, un rythme plus rapide que celui des autres types de cancer du sein.
  • Le CLI se distingue par sa croissance diffuse et sa difficulté de détection précoce, ce qui peut entraîner des diagnostics plus tardifs et des résultats moins favorables.

Le cancer du sein reste le cancer le plus fréquemment diagnostiqué chez les femmes dans le monde, avec environ 2,3 millions de nouveaux cas en 2022 et 670 000 décès. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit une augmentation de 40 % de l’incidence et de la mortalité d’ici 2050, en particulier dans les régions disposant de ressources limitées. Si le cancer canalaire du sein est le plus courant, une autre forme, le carcinome lobulaire invasif (CLI), attire de plus en plus l’attention.

Selon un récent rapport de la Société américaine du cancer, l’incidence du CLI a progressé de 2,8 % par an entre 2012 et 2021, surpassant l’augmentation de 0,8 % observée pour les autres cancers du sein. Le CLI se développe dans les lobules, les glandes productrices de lait, et présente une croissance souvent plus diffuse que le carcinome canalaire invasif (IDC), le type le plus fréquent. Cette caractéristique rend sa détection plus complexe, car il est moins susceptible de former une masse palpable et bien définie.

Les experts soulignent que, bien que représentant un peu plus de 10 % des cas de cancer du sein, le CLI peut entraîner des résultats à long terme moins favorables que l’IDC, notamment en cas de cancer métastatique ou avancé. Son comportement subtil contribue au sous-diagnostic et à une réponse thérapeutique parfois plus lente. Dans de nombreux cas, le CLI est découvert fortuitement lors d’examens d’imagerie ou de biopsies, plutôt que par la palpation d’une masse.

Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette augmentation de l’incidence du CLI :

  • Évolution des méthodes de dépistage et de détection : Les mammographies traditionnelles peuvent ne pas détecter la croissance diffuse du CLI, conduisant à des diagnostics plus tardifs. L’amélioration des techniques d’imagerie, comme l’IRM et la tomosynthèse, permet de détecter davantage de cas.
  • Exposition hormonale : Comme de nombreux cancers du sein, le CLI est souvent sensible aux hormones, ce qui suggère un rôle possible de l’exposition prolongée aux œstrogènes.
  • Vieillissement de la population et hormonothérapie : L’augmentation de l’espérance de vie et l’utilisation croissante de traitements hormonaux substitutifs peuvent contribuer à l’incidence des cancers hormono-sensibles.
  • Facteurs génétiques et moléculaires : Certaines variantes génétiques, notamment celles affectant le gène CDH1, pourraient être liées au risque de cancer lobulaire.
  • Mode de vie et environnement : L’obésité, la consommation d’alcool, un premier accouchement tardif ou un faible nombre de grossesses sont des facteurs de risque connus qui pourraient également influencer l’incidence du CLI.

Face à cette tendance, les spécialistes insistent sur la nécessité de poursuivre les recherches, d’améliorer les méthodes de dépistage et de sensibiliser le public. Il est important de connaître les premiers signes du CLI, qui peuvent être subtils :

  • Épaississement ou sensation de plénitude mammaire : plutôt qu’une masse distincte, une zone plus dense ou plus ferme que le reste du tissu mammaire.
  • Modification de la forme ou de la taille du sein : légère asymétrie, gonflement ou déformation sans douleur.
  • Changements cutanés : fossettes, plis ou modification de la texture de la peau (aspect « peau d’orange »).
  • Rétraction ou inversion du mamelon : un mamelon qui s’enfonce ou se rétracte.
  • Écoulement du mamelon : liquide inhabituel, en particulier s’il est sanglant ou aqueux.
  • Douleur ou inconfort : une douleur vague et persistante, bien que ce symptôme ne soit pas toujours présent.
  • Modifications des ganglions lymphatiques : gonflement sous le bras ou près de la clavicule.

Il est crucial de rappeler que tous les cancers du sein ne se manifestent pas par une grosseur palpable. Environ un cancer du sein sur six peut ne pas présenter de masse détectable au toucher, en particulier dans les sous-types comme le CLI ou le cancer du sein inflammatoire. En cas de changement persistant dans le sein, même léger, il est essentiel de consulter un professionnel de la santé pour un examen approfondi.

Les facteurs de risque du CLI sont similaires à ceux du cancer du sein en général, mais certains sont particulièrement pertinents : l’âge, les antécédents hormonaux et reproductifs, l’utilisation d’une hormonothérapie substitutive, une prédisposition génétique (mutations CDH1, BRCA1/BRCA2), des antécédents familiaux de cancer du sein, la densité mammaire et certains facteurs liés au mode de vie (obésité, consommation d’alcool, manque d’activité physique). L’exposition antérieure aux radiations thoraciques peut également augmenter le risque.

You may also like

Leave a Comment