Publié le 9 décembre 2025 à 23h02. Une comète interstellaire, baptisée 3I/ATLAS, se rapproche de la Terre à une vitesse impressionnante de 60 kilomètres par seconde, offrant aux scientifiques une occasion unique d’étudier un visiteur venu d’un autre système solaire.
La comète 3I/ATLAS, découverte le 21 juillet dernier, atteindra son point le plus proche de notre planète le 19 décembre, à une distance de 270 millions de kilomètres. Depuis sa détection, la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA) suivent attentivement sa trajectoire afin d’en déterminer l’origine.
Récemment, des observations ont révélé une activité inattendue au sein de la comète. Les scientifiques ont détecté des signes d’émanations de gaz et de poussière, ce qui a suscité un vif intérêt. La comète, composée de roche et de glace, subit une érosion progressive à mesure qu’elle s’approche du Soleil et que sa température augmente.
Le 2 novembre, la sonde spatiale Juice, de l’ESA, dédiée à l’exploration des lunes glacées de Jupiter, a utilisé cinq de ses instruments pour analyser la comète interstellaire. L’objectif est de recueillir des informations précieuses sur sa composition chimique, sa structure et son origine, des données qui seront publiées en février 2026.
L’ESA a partagé un aperçu préliminaire des images capturées par Juice, révélant la présence de deux queues distinctes. Selon l’agence européenne, une « aura lumineuse de gaz entourant la comète, connue sous le nom de coma », est visible, ainsi qu’une queue de plasma, formée de gaz chargés électriquement, et une queue de poussière, constituée de minuscules particules solides. L’article publié sur le site de l’ESA souligne la surprise des scientifiques face à cette activité.
« C’était bien visible et entouré de signes d’activité, ça les a surpris. »
ESA
Juice s’est approché de la comète à 66 millions de kilomètres le 4 novembre. Cependant, la transmission des données vers la Terre est actuellement limitée, car l’antenne principale de la sonde est utilisée comme bouclier thermique pour la protéger du rayonnement solaire. Les données complètes et analysées ne seront disponibles qu’en février 2026.
Outre Juice, la comète 3I/ATLAS est également observée par le Télescope spatial Hubble (NASA/ESA) et le Télescope spatial James Webb (NASA/ESA/CSA). L’ESA a également mobilisé les sondes interplanétaires Mars Express et l’orbiteur Trace Gas Orbiter (ExoMars) pour collecter un maximum de données.
Cette comète est la troisième d’origine interstellaire à être détectée à ce jour. En 2017, 1I/Oumuamua avait été localisée, suivie par 2I/Borisov en 2019. Ces deux objets, expulsés de leurs systèmes planétaires d’origine, ont traversé le système solaire et se sont éloignés de la Terre. Plus d’informations sur les comètes interstellaire ici.
Les scientifiques européens se réjouissent de l’activité observée au cœur et à la surface de 3I/ATLAS, interprétant cela comme un signe de « vie » et une opportunité unique de comparer ses caractéristiques avec celles d’autres comètes de la Voie lactée, afin de mieux comprendre la diversité chimique de l’univers.
