Édition française
En continu
---Advertisement---

Santé

Alzheimer, le RSA condamné à rembourser la fille d’une femme âgée malade : 200 mille euros – Actualités

Publié le 2024-02-29 14:15:00. Une maison de retraite du Trentin a été condamnée à rembourser à la fille d'une patiente atteinte de la maladie d'Alzheimer plus de 162 500 euros de frais d'hospitalisation, une décision qui clarifie les…

Alzheimer, le RSA condamné à rembourser la fille d’une femme âgée malade : 200 mille euros – Actualités

Publié le 2024-02-29 14:15:00. Une maison de retraite du Trentin a été condamnée à rembourser à la fille d’une patiente atteinte de la maladie d’Alzheimer plus de 162 500 euros de frais d’hospitalisation, une décision qui clarifie les frontières entre les services sociaux et de santé en Italie.

  • La Cour de cassation a confirmé que les soins de santé intégrés à une structure d’accueil pour personnes âgées doivent être pris en charge par le Service sanitaire national (SSN).
  • Le RSA (Résidence Sanitaire pour Personnes Âgées) devra verser 162 579 euros, auxquels s’ajoutent les intérêts et les frais de justice, portant le montant total à près de 200 000 euros.
  • L’affaire souligne l’importance d’une évaluation précise de la composante sanitaire prédominante dans les établissements d’accueil pour déterminer la responsabilité financière.

C’est la Cour d’appel du Trentin qui a finalement rendu son verdict, suite à la décision de la Cour de cassation. La fille de la patiente avait contesté le paiement des frais d’hébergement, arguant que la prise en charge de sa mère, atteinte de la maladie d’Alzheimer et de pathologies chroniques, relevait entièrement du domaine de la santé et non de celui des services sociaux.

L’histoire remonte à 2004, lorsque la dame a été admise dans la maison de retraite gérée par Spes. Dès son arrivée, le personnel soignant a noté des épisodes de désorientation et des hallucinations visuelles. Au fil des années, son état s’est aggravé, avec une progression de la démence, des troubles du comportement et la nécessité d’une médication sédatrice. En 2012, le diagnostic d’Alzheimer à un stade avancé a été confirmé, puis en 2014, les médecins ont constaté une démence dégénérative très avancée, entraînant une perte totale d’autonomie et de contact avec la réalité.

Initialement, la structure a facturé à la patiente des frais d’hébergement, considérant que les soins médicaux étaient couverts par l’autorité sanitaire provinciale. La fille a réglé les sommes dues, mais a ensuite saisi la justice pour obtenir le remboursement intégral, estimant qu’il s’agissait de « services de santé hautement intégrés ». Après un premier rejet en février 2019 et une décision défavorable en appel en mars 2020, elle a finalement obtenu gain de cause devant la Cour de cassation en 2024.

La Cour suprême a précisé les critères permettant de définir les « services socio-sanitaires à haute intégration sanitaire », soulignant que dans ces cas, l’aspect sanitaire prévaut sur l’aspect social. Selon la Cour, ces services ne peuvent être fournis qu’en combinant des activités de protection sociale et des soins de santé, grâce à un ensemble d’outils nécessaires. L’affaire a donc été renvoyée devant la Cour d’appel du Trentin, avec une composition différente.

Dans sa décision récente, la Cour d’appel a confirmé que la patiente avait bénéficié d’« un traitement thérapeutique personnalisé, nécessairement administré en lien avec l’offre de soins, de manière continue, de sorte que l’offre de protection sociale était indissociable de l’offre de soins ». Elle a donc condamné le RSA à rembourser les frais payés par la fille, estimant que « l’intervention médico-sociale reste entièrement absorbée par les services fournis par le système de santé public puisque la structure privée garantit au patient, à travers le service intégré, le programme thérapeutique, selon un plan de traitement personnalisé ».

Les avocats Christian Gecele et Ettore Bertò, du cabinet SLM Marchionni & Associati, spécialistes du droit de la santé et de la responsabilité médicale, ont souligné l’importance de cette décision pour l’interprétation de la notion de services socio-sanitaires et la répartition des coûts entre les différents acteurs du système de santé.

Join WhatsApp

Join Now

Join Telegram

Join Now

Laisser un commentaire

À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.