Amanda Heng, figure emblématique de la scène artistique singapourienne, dévoile son installation « A Pause » au Pavillon de Singapour lors de la Biennale de Venise. En utilisant des éléments architecturaux familiers, l’artiste cherche à transformer le mouvement des visiteurs en une expérience de repos et de réflexion au cœur de l’Arsenale.
Des marches peu profondes pour briser le rythme
Depuis près de quatre décennies, Amanda Heng explore les rôles de genre et les attentes sociales à travers une pratique centrée sur le corps. Des performances comme 《Walking The Stool》 ou 《Let’s Chat》 ont marqué son parcours, et cette nouvelle œuvre s’inscrit dans cette continuité. Selon les informations rapportées par news.google.com, l’artiste s’est inspirée des nombreux ponts de Venise pour concevoir son installation. Au lieu de favoriser une progression rapide, l’espace utilise des marches inhabituellement peu profondes, mesurant seulement 10 cm de hauteur. Ces marches, dont la largeur varie entre 50 cm et 4 mètres, agissent comme un frein naturel pour les visiteurs qui se dirigent vers les grandes fenêtres du bâtiment.« Il est intéressant de voir comment le design dirige nos gestes, nos activités. D’une certaine manière, cela exprime précisément ce que je voulais dire : comment ralentir. »

L’intégration du bois de mélèze et des fenêtres
L’installation ne se contente pas de modifier le mouvement ; elle cherche une fusion totale avec son environnement. La commissaire d’exposition, Selene Yap, a travaillé avec l’artiste pour que le pavillon s’intègre parfaitement à l’architecture existante de la Sale d’Armi, située dans l’Arsenale. Pour parvenir à cette symbiose, l’équipe a choisi le mélèze, un bois identique à celui utilisé pour les parquets de la salle où se trouve le Pavillon de Singapour. Ce choix permet d’« adopter le langage matériel du bâtiment tel qu’il est », comme l’explique Yap, afin d’assimiler l’œuvre à la structure historique. Les larges fenêtres, initialement repérées comme des points de repos visuel par les visiteurs des éditions précédentes, ont également été intégrées comme un élément clé du dispositif.Une invitation à la liberté de posture
L’objectif final de « A Pause » est de redonner au visiteur le contrôle de son propre corps au sein d’un espace public souvent saturé. L’aménagement n’impose pas une manière unique de consommer l’art, mais propose plutôt une palette de possibilités physiques.« Les dimensions de cet espace invitent à différentes postures de repos. Vous pourriez choisir de rester debout. Vous pourriez vous allonger. Vous pourriez vous asseoir. Vous pourriez vous appuyer. C’est essentiellement votre corps qui vous dit ce qu’il veut faire. »

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