Home AffairesAnthropic déploie Claude Cowork en cloud pour les abonnés Max

Anthropic déploie Claude Cowork en cloud pour les abonnés Max

by Amélie Bernard
Claude Cowork s'émancipe du bureau pour devenir un agent permanent

Anthropic a déployé ce mardi Claude Cowork sur le web et mobile pour ses abonnés Max. Cette mise à jour permet aux agents d’exécuter des tâches dans le cloud, même lorsque l’ordinateur est éteint, marquant une étape cruciale vers la création d’une “super-app” d’intelligence artificielle pour les travailleurs du savoir.

Claude Cowork s’émancipe du bureau pour devenir un agent permanent

Jusqu’à présent, Claude Cowork, l’outil agentique d’Anthropic destiné aux travailleurs du savoir, était prisonnier du poste de travail. Pour fonctionner, il exigeait un ordinateur allumé et ouvert, limitant son utilité à une session active. Ce verrou saute désormais : en migrant le traitement vers le cloud, The New Stack rapporte que les utilisateurs peuvent désormais basculer d’un appareil à l’autre sans interruption.

Claude Cowork s'émancipe du bureau pour devenir un agent permanent

L’accès à cette version bêta est réservé aux abonnés des forfaits Max, dont le prix débute à 100 $ par mois. L’évolution majeure réside dans la capacité de l’agent à gérer des tâches planifiées en autonomie. Un utilisateur peut programmer une préparation de dossier client pour 6 heures du matin ; Claude analyse les fils d’e-mails, les transcriptions et l’actualité pour rédiger un briefing et préparer un e-mail de suivi, laissant le tout prêt pour une relecture au réveil.

L’interface évolue également pour réduire la friction. Sur le web et le bureau, le chat classique et Cowork sont désormais unifiés. Le passage de l’un à l’autre se fait via un menu modal, et les projets ainsi que les artefacts sont partagés entre les deux modes. Sur mobile, Cowork conserve une section dédiée.

L’automatisation du travail autour du travail

Si le codage a longtemps été la vitrine de l’IA, les données d’utilisation de Cowork révèlent une réalité différente. TechCrunch souligne que l’outil est massivement utilisé pour ce que l’entreprise appelle le travail autour du travail — ces tâches administratives chronophages qui ne constituent pas le cœur de métier mais sont indispensables au fonctionnement d’une organisation.

L'automatisation du travail autour du travail
Photo: The New Stack

L’analyse de 1,2 million de sessions anonymisées auprès de 600 000 organisations montre une répartition claire des usages :

Anthropic Just Dropped Claude Code for Everyone (Claude Cowork)
  • Opérations de processus métier (33,4 %) : Consolidation de rapports, création de listes de contrôle pour l’intégration des nouveaux employés et rapprochement de feuilles de calcul. Ces tâches concernent principalement la finance, les RH et l’administration.
  • Création de contenu et rédaction (16,4 %) : Rédaction de brouillons, conception de supports de présentation, publications sociales et propositions commerciales.
  • Développement logiciel (8,7 %) : Une part certes significative, mais loin derrière les tâches de gestion administrative.

Cette tendance confirme que la valeur ajoutée des agents ne réside plus seulement dans la génération de texte, mais dans l’exécution de flux de travail complexes à travers divers outils connectés.

La guerre des “super-apps” face à OpenAI

L’offensive d’Anthropic s’inscrit dans une course effrénée pour dominer l’espace de travail numérique. L’objectif n’est plus de proposer un simple chatbot, mais une interface unique capable d’orchestrer toutes les tâches professionnelles. Silicon Republic indique qu’OpenAI prépare elle aussi une refonte majeure de ChatGPT pour en faire une “super-app”.

La guerre des "super-apps" face à OpenAI

Ce projet d’OpenAI viserait à fusionner le chatbot avec Codex, son outil de codage, et Atlas, son navigateur web lancé en octobre dernier. L’ambition est radicale : transformer l’outil en un agent autonome capable d’effectuer des actions concrètes. Un employé senior d’OpenAI a même affirmé que le chat est mort.

Entreprise Stratégie “Super-App” Composants clés
Anthropic Unification Chat + Cowork Cloud-native, focus administration/RH
OpenAI Fusion ChatGPT + Codex + Atlas Agents autonomes, multimodalité

Valorisations records et ambitions boursières

Cette bataille technologique se joue également sur le terrain financier, avec des chiffres qui redéfinissent l’échelle du secteur. Anthropic a récemment déposé un dossier d’introduction en bourse (IPO) après un tour de table qui pourrait propulser sa valorisation au-delà de 1 000 milliards de dollars.

À titre de comparaison, SiliconANGLE rapporte qu'OpenAI est récemment valorisée à 852 milliards de dollars. Le marché semble porté par l'euphorie des introductions en bourse liées à l'IA, comme l'illustre le cas de SpaceX, propriété d'Elon Musk.

L’enjeu pour Anthropic et OpenAI est désormais de convertir leurs millions d’utilisateurs gratuits en clients entreprises à haute valeur ajoutée. Pour OpenAI, les revenus issus des clients professionnels représentent 40% de son chiffre d’affaires, avec l’objectif d’en augmenter la proportion à 50% d’ici la fin de l’année.

Le déploiement de Cowork sur mobile et web est une pièce maîtresse de cette stratégie : en rendant l’agent disponible partout et en permanence, Anthropic tente de s’imposer comme le système d’exploitation de la productivité moderne, avant que ses concurrents ne verrouillent le marché.

Find more reporting in our Affaires section.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.