Publié le 24 octobre 2025 13:38:00. Une nouvelle technologie de laboratoire sur puce, développée par des chercheurs québécois, pourrait révolutionner le suivi de la maladie d’Alzheimer en permettant d’observer en temps réel l’évolution de la pathologie au niveau cellulaire.
- Des scientifiques de l’Université Concordia et de l’Université McGill ont mis au point un dispositif portable capable de simuler les processus cellulaires liés à la maladie d’Alzheimer.
- L’appareil permet d’étudier la réaction des microglies, les cellules immunitaires du cerveau, face aux oligomères bêta-amyloïdes (AβO), considérés comme un marqueur clé de la maladie.
- Contrairement aux méthodes traditionnelles, ce système ne nécessite pas de marquage des cellules et offre une surveillance continue de leur activité.
Cette avancée technologique pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le diagnostic précoce et le développement de traitements contre la maladie d’Alzheimer, une pathologie neurodégénérative qui touche des millions de personnes à travers le monde.
L’appareil, basé sur la technologie des laboratoires sur puce, fonctionne en analysant l’adhérence des microglies à une surface lorsqu’elles sont exposées à un flux liquide contenant des oligomères bêta-amyloïdes (AβO). En conditions normales, ces cellules immunitaires éliminent les protéines toxiques qui s’accumulent dans le cerveau. Cependant, dans la maladie d’Alzheimer, elles deviennent hyperactives et libèrent des molécules inflammatoires qui endommagent les tissus nerveux.
L’étude, publiée dans la revue Microsystèmes et nano-ingénierie, démontre qu’une exposition prolongée ou à forte concentration aux AβO entraîne une perte progressive de la capacité des microglies à se fixer, ce qui constitue un indicateur physique de la progression de la maladie. Après 24 heures d’exposition à des niveaux élevés d’AβO, les cellules immunitaires ont complètement perdu leur adhésion, signalant une perte de fonctionnalité.
L’avantage majeur de ce dispositif réside dans sa capacité à effectuer une surveillance continue et en temps réel de l’activité cellulaire, sans nécessiter l’utilisation de colorants ou d’anticorps spécifiques, souvent utilisés dans les méthodes traditionnelles. Ces dernières ne fournissent que des images statiques et peuvent être plus coûteuses et complexes à mettre en œuvre.
Les chercheurs soulignent que ce système portable et peu coûteux pourrait capturer des changements subtils dans l’activité des cellules immunitaires impliquées dans la maladie d’Alzheimer, ouvrant la voie à un diagnostic plus précoce et à des tests de médicaments plus efficaces. Il représente donc un outil prometteur pour la recherche et le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.
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