Publié le 5 décembre 2025 à 09h24. La Thaïlande intensifie sa lutte contre les réseaux de fraude en ligne, tandis que l’Inde fait volte-face sur une application de sécurité controversée et que plusieurs pays asiatiques s’efforcent de renforcer leur souveraineté technologique face aux défis posés par la Chine et les États-Unis.
- La Thaïlande a lancé une vaste opération contre les gangs de travail forcé impliqués dans des escroqueries en ligne, saisissant plus de 300 millions de dollars d’actifs.
- L’Inde a abandonné son projet d’installation obligatoire d’une application anti-fraude sur les smartphones, après la résistance d’Apple et de Samsung.
- Plusieurs pays, dont le Japon et la Corée du Sud, investissent massivement dans les technologies de pointe, notamment l’IA et les semi-conducteurs, pour réduire leur dépendance vis-à-vis de la Chine.
Les autorités thaïlandaises ont mené une opération d’envergure contre les réseaux criminels qui exploitent des victimes dans le cadre d’escroqueries en ligne à grande échelle, un fléau qui sévit dans toute l’Asie du Sud-Est. Plus de 300 millions de dollars d’actifs ont été saisis, notamment des parts dans une importante société énergétique, et 42 mandats d’arrêt ont été émis. Cette action témoigne de la détermination du gouvernement thaïlandais à lutter contre ce type de criminalité transnationale.
En Inde, le gouvernement a fait marche arrière concernant l’obligation d’installer l’application Sanchar Saathi sur tous les nouveaux smartphones. Cette application, présentée comme un outil de lutte contre la fraude, avait suscité une vive controverse en raison de préoccupations liées à la protection de la vie privée et à la surveillance des citoyens. Apple avait publiquement refusé de s’y conformer, et Samsung avait exprimé des réserves similaires. Le ministre des Communications, Jyotiraditya Scindia, a nié que l’application puisse être utilisée à des fins d’espionnage, mais le gouvernement n’a pas encore publié de version révisée de l’ordre juridique initial, laissant planer la possibilité d’une nouvelle tentative.
Cette affaire met en lumière la position parfois divergente d’Apple en matière de respect de la vie privée selon les pays. Alors que l’entreprise se montre intransigeante en Inde, elle s’adapte plus facilement aux réglementations chinoises, souvent perçues comme restrictives. Comme le souligne 9to5Mac, Apple se contente de déclarer qu’elle « respecte la loi dans chacun des pays dans lesquels elle opère », une formule qu’elle utilise régulièrement pour justifier sa conformité aux exigences de la Chine, notamment en matière de censure et de filtrage de contenu. Source
Par ailleurs, plusieurs autres pays asiatiques s’efforcent de renforcer leur souveraineté technologique. Le Japon prévoit d’investir 1,6 milliard de dollars (252,5 milliards de yens) dans le développement de l’IA et des semi-conducteurs, ainsi que 599 millions de dollars (93,7 milliards de yens) pour sécuriser l’approvisionnement en terres rares. La Corée du Sud, de son côté, investira 191 millions de dollars (280 milliards de wons) dans les technologies de batteries de nouvelle génération et s’efforce de réduire sa dépendance à l’égard de la Chine pour les matériaux critiques. Samsung a également annoncé une avancée significative dans le développement de la NAND ferroélectrique, une technologie qui pourrait réduire considérablement la consommation d’énergie des centres de données. Source
En Chine, l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI) a mis en garde contre l’utilisation croissante de l’IA à des fins de censure et de surveillance, ainsi que contre l’exportation de ces techniques vers d’autres pays. Source Une commission du Sénat américain a également constaté que les efforts américains visant à restreindre l’accès de la Chine aux technologies avancées n’ont pas été couronnés de succès. Par ailleurs, des entreprises chinoises d’IA exploitent la précarité du marché du travail au Kenya pour recruter des étudiants afin de former leurs modèles d’intelligence artificielle.
En Australie, YouTube et Meta se conforment à la nouvelle loi interdisant aux moins de 16 ans d’avoir un compte sur leurs plateformes. Source Meta a également commencé à supprimer les comptes des utilisateurs de moins de 16 ans et à bloquer la création de nouveaux comptes.
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