La quête du prochain entraîneur-chef pour les Giants de New York illustre une tendance plus large dans le football américain : l’importance de former et de léguer un héritage de leadership. Au-delà des résultats immédiats, la capacité d’un entraîneur à développer ses assistants et à les propulser vers des postes à responsabilités est devenue un critère de succès en soi.
Lors d’une conversation récente, un supporter des Giants, interrogeant sur le choix du prochain entraîneur, a exprimé son scepticisme quant à Mike McCarthy. Il a plutôt mis en avant le nom de Chris Shula, coordinateur défensif des Rams de Los Angeles : « Je n’aime pas McCarthy. J’aime vraiment Chris Shula. Il sortirait de l’arbre des entraîneurs de Sean McVay, et c’est déjà une excellente chose. »
Ce « arbre d’entraîneurs » est un concept bien connu dans la NFL. Il désigne l’ensemble des entraîneurs adjoints formés par un entraîneur-chef qui réussissent ensuite à obtenir leur propre poste. L’idée sous-jacente est que certains entraîneurs principaux possèdent une capacité particulière à former des successeurs compétents, assurant ainsi la pérennité d’une culture de la victoire.
Sean McVay, entraîneur-chef des Rams depuis 2017, est l’exemple parfait de ce phénomène. Matt LaFleur, son ancien coordinateur offensif, a été embauché par les Packers de Green Bay en 2019 et a rapidement transformé l’équipe, obtenant un bilan de 13 victoires pour 3 défaites lors de sa première saison. Zac Taylor, également passé par Los Angeles sous la direction de McVay, a pris les rênes des Bengals en 2019 et les a menés jusqu’au Super Bowl LVI. Plus récemment, Kevin O’Connell, coordinateur offensif de McVay et vainqueur du Super Bowl, a été nommé entraîneur des Vikings en 2022, obtenant des résultats prometteurs et étant même désigné entraîneur de l’année par Associated Press pour la saison 2024.
L’influence de McVay ne se limite pas aux entraîneurs offensifs. Brandon Staley, après une saison comme coordinateur défensif des Rams, a pris la tête des Chargers, tandis que Raheem Morris, un entraîneur expérimenté ayant déjà occupé un poste similaire, est revenu au premier plan après avoir coordonné la défense des Rams et remporté un Super Bowl en tant qu’assistant. Morris a récemment été limogé de son poste d’entraîneur-chef des Falcons d’Atlanta, mais pourrait se voir offrir une nouvelle opportunité.
Cette constellation d’entraîneurs issus de l’écurie McVay soulève une question fondamentale : comment bâtir un « arbre » solide, que ce soit dans le domaine du football ou dans celui des systèmes d’information (CIO) ? La clé réside dans l’intentionnalité. Il ne suffit pas d’espérer que les compétences et les connaissances se transmettent par osmose. Il est essentiel de préparer activement ses collaborateurs à prendre le relais, en leur donnant les outils et les connaissances nécessaires pour réussir.
Pour illustrer ce point, l’auteur évoque l’exemple de la relation entre Franklin Roosevelt et son vice-président, Harry Truman, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Roosevelt, soucieux de conserver le contrôle, a tenu Truman à l’écart des décisions importantes, le laissant dans l’ignorance des enjeux majeurs. Lorsque Roosevelt est décédé en avril 1945, Truman s’est retrouvé brutalement propulsé à la tête du pays, sans être pleinement informé des défis qui l’attendaient, notamment l’existence du projet Manhattan.
Cette situation souligne l’importance d’impliquer ses successeurs potentiels dans les décisions et les délibérations. Il faut leur montrer comment on arrive à certaines conclusions, afin qu’ils puissent développer leur propre jugement. L’auteur souligne également qu’il ne faut pas craindre de voir des collaborateurs potentiellement plus compétents émerger. L’étouffement des talents ne fait que nuire à l’organisation.
En conclusion, l’auteur invite à s’inspirer de l’exemple de Sean McVay et à se concentrer sur la construction d’un « arbre » solide, en investissant dans le développement de ses collaborateurs et en leur donnant les moyens de réussir. Il s’agit d’un héritage qui dépasse largement la simple accumulation de victoires.
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