Publié le 17 octobre 2024 18h30. L’ancien général vénézuélien Hugo Armando Carvajal Barrios, surnommé « El Pollo », a accepté de coopérer avec les autorités américaines, révélant des liens étroits entre le régime chaviste, le trafic de drogue et le financement de mouvements politiques de gauche à travers le monde.
- Carvajal a plaidé coupable de quatre chefs d’accusation liés au trafic de drogue et au narcoterrorisme devant un tribunal de New York.
- Il accuse le gouvernement vénézuélien d’avoir financé illégalement des partis et des dirigeants de gauche en Amérique latine et en Europe pendant au moins 15 ans.
- Ses aveux pourraient lui valoir une réduction de peine significative, allant potentiellement de la prison à vie à une peine de vingt ans.
L’ancien chef du renseignement militaire d’Hugo Chávez, Hugo Armando Carvajal Barrios, a reconnu son implication dans le « Cartel de los Soles », une organisation criminelle composée de hauts responsables vénézuéliens. Selon les autorités américaines, ce cartel utilisait les structures de l’État vénézuélien pour transporter et protéger des tonnes de cocaïne destinées aux États-Unis.
Carvajal a plaidé coupable en juin 2024 devant le tribunal du district sud de New York pour trafic de drogue, narcoterrorisme, possession et complot en vue d’utiliser des armes à feu. Le ministère public américain affirme que l’ancien général « a utilisé la cocaïne comme une arme, inondant de poison New York et d’autres villes nord-américaines ».
Selon le site espagnol The Objective, Carvajal est prêt à fournir des informations détaillées sur les accords entre le chavisme et la guérilla colombienne des FARC, ainsi que sur le transfert de fonds vers des partis et des dirigeants de gauche dans plusieurs pays. Il aurait remis aux enquêteurs des documents inédits sur les réseaux de financement politique associés au gouvernement vénézuélien.
L’ancien général a été extradé d’Espagne vers les États-Unis en 2023, après deux ans de cavale. Avant son extradition, il avait soumis à la cour un document de sept pages dans lequel il affirmait que « le gouvernement vénézuélien a financé illégalement des mouvements politiques de gauche dans le monde pendant au moins 15 ans ». Il y précisait avoir reçu, durant son mandat, « un grand nombre de rapports indiquant que ce financement international était en cours ».
Le document de Carvajal énumère plusieurs personnalités et partis politiques qui auraient bénéficié de ces fonds :
- Luiz Inácio Lula da Silva (Brésil);
- Néstor Kirchner (Argentine);
- Evo Morales (Bolivie);
- Fernando Lugo (Paraguay);
- Ollanta Humala (Pérou);
- Mel Zelaya (Honduras);
- Gustavo Petro (Colombie);
- Mouvement Cinq Étoiles (Italie); et
- Parti Podemos (Espagne).
Selon Carvajal, « tous étaient mentionnés comme destinataires de l’argent envoyé par le gouvernement vénézuélien ». Il accuse également Nicolas Maduro d’avoir poursuivi cette pratique, en utilisant la compagnie pétrolière publique PDVSA comme principale source de financement.

Le tribunal a autorisé une dernière audience pour évaluer la valeur des informations que Carvajal est prêt à fournir en échange d’une réduction de peine. Ses aveux pourraient ouvrir la voie à une condamnation moins sévère que la prison à vie initialement envisagée.
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