Hyundai ambitionne de révolutionner ses chaînes de montage avec l’arrivée prochaine de robots humanoïdes ultra-performants. Lors du salon CES de Las Vegas, Boston Dynamics a dévoilé la dernière version d’Atlas, un robot capable d’évoluer aux côtés des opérateurs humains, marquant une étape décisive vers l’automatisation avancée dans l’industrie automobile.
À retenir
- Hyundai prévoit de produire en masse des robots Atlas à partir de 2028, avec un objectif de 30 000 unités par an.
- Le robot Atlas est doté d’une autonomie électrique, d’articulations à 360 degrés et de capacités d’apprentissage rapide, lui permettant d’effectuer des tâches complexes.
- Un partenariat avec Google DeepMind et Nvidia permettra d’intégrer des technologies d’IA de pointe pour améliorer les performances et l’adaptabilité d’Atlas.
Contexte
Fondée en 1992 comme une émanation du Massachusetts Institute of Technology, Boston Dynamics s’est d’abord appuyée sur des financements de la DARPA pour développer des robots comme BigDog. L’entreprise s’est ensuite fait connaître grâce à la popularité virale de ses créations, notamment Atlas, un robot bipède capable de réaliser des prouesses acrobatiques, et Spot, un robot quadrupède utilisé dans divers environnements, allant de l’élevage de moutons à l’assistance médicale pendant la pandémie de Covid-19.
Spot, commercialisé depuis juin 2020 au prix d’environ 74 500 $ (environ 68 000 €), cible les entreprises souhaitant automatiser la surveillance et l’inspection de leurs entrepôts. Malgré cette notoriété, Boston Dynamics enregistrait des pertes financières importantes chaque année. L’acquisition par Hyundai en 2021, pour un montant de 1,1 milliard de dollars (environ 995 millions d’euros), a marqué un tournant pour l’entreprise.
Ce qui change
Hyundai prévoit de déployer les premiers robots Atlas dans ses usines dès 2028, en commençant par la méta-usine du Hyundai Motor Group à Savannah, en Géorgie. Initialement, ils seront affectés à des tâches simples, comme le séquençage des pièces, où la sécurité et la qualité sont primordiales. À partir de 2030, Atlas sera capable d’effectuer des opérations plus complexes, impliquant des mouvements répétitifs et la manipulation de charges lourdes, jusqu’à 50 kg (110 livres).
La nouvelle version d’Atlas se distingue par son autonomie électrique, ses 56 degrés de liberté (contre 50 dans la version précédente), ses articulations rotatives à 360 degrés et ses mains dotées de capteurs tactiles. Il est également résistant à l’eau et peut fonctionner dans une plage de températures allant de -4 °C à 40 °C (25 °F à 104 °F). Le robot est capable de remplacer ses propres batteries et d’apprendre de nouvelles tâches en une seule journée.
Hyundai espère ainsi gagner en efficacité et en compétitivité face à ses concurrents, notamment Tesla, qui développe également des robots humanoïdes, comme Optimus. Le constructeur automobile coréen mise sur son expertise en matière de chaînes d’approvisionnement, de fabrication avancée et de logiciels basés sur l’IA pour maîtriser les coûts de production et assurer une montée en puissance rapide.
Prochaines étapes
Hyundai a annoncé un partenariat avec le laboratoire de recherche DeepMind AI de Google pour combiner les compétences robotiques de Boston Dynamics avec les modèles d’IA de Google. L’entreprise s’approvisionne également en puces et logiciels d’IA auprès de Nvidia. L’enjeu principal à ce stade réside dans la capacité de Hyundai et Boston Dynamics à transformer ces démonstrations technologiques en un produit commercial viable et rentable. Le coût de fabrication d’Atlas, estimé à plusieurs centaines de milliers de dollars, reste un défi majeur.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Production annuelle prévue (à partir de 2028) | 30 000 unités |
| Capacité de charge | 50 kg (110 livres) |
| Température de fonctionnement | -4 °C à 40 °C (25 °F à 104 °F) |
| Nombre de degrés de liberté | 56 |
Sources
Boston Dynamics. Démonstration du robot Atlas au CES de Las Vegas, 8 janvier 2024.
