Home MondeAu moins 20 morts, dont des enfants, dans des bombardements militaires en Birmanie, selon des ONG et des médias

Au moins 20 morts, dont des enfants, dans des bombardements militaires en Birmanie, selon des ONG et des médias

by Clara Dubois

Publié le 24 avril 2024 18:35:00. Au moins vingt civils, dont des enfants, ont été tués lundi soir dans un bombardement militaire survenu lors d’une fête traditionnelle dans la région de Sagaing, au centre de la Birmanie, ravivant les inquiétudes face à la violence croissante du régime militaire.

  • Un bombardement a frappé une fête traditionnelle à Chaung-U, faisant au moins 20 morts et 40 blessés.
  • L’attaque est attribuée à l’armée birmane, qui intensifie sa répression contre les groupes d’opposition.
  • Amnesty International appelle à une action internationale accrue, notamment une saisine de la Cour pénale internationale.

L’attaque, survenue lundi soir, visait des habitants rassemblés à Chaung-U pour célébrer une fête traditionnelle, selon la chaîne d’information Voix publique, contrôlée par le Gouvernement d’union nationale (NUG), formé en opposition au coup d’État militaire de février 2021. Au moins 40 personnes auraient également été blessées dans l’incident.

Selon des médias contrôlés par l’opposition démocratique et des organisations non gouvernementales, l’armée birmane a mené l’attaque en survolant le village en parapente motorisé. Ce village est situé dans une zone où l’opposition pro-démocratie est particulièrement active et où se tenait également une veillée pour exiger la fin de la dictature militaire.

Joe Freeman, chercheur pour la Birmanie chez Amnesty International (AI), a dénoncé cette attaque comme un crime de guerre.

« La communauté internationale a peut-être oublié le conflit en Birmanie. La junte militaire profite de ce manque de contrôle pour perpétrer des crimes de guerre en toute impunité. »

Joe Freeman, chercheur pour la Birmanie, Amnesty International

Il souligne que cet incident s’inscrit dans une longue série d’attaques depuis le coup d’État militaire d’il y a plus de trois ans.

L’armée birmane intensifie sa campagne contre les poches de résistance alors qu’elle prépare des élections orchestrées prévues plus tard cette année. Ces élections sont largement critiquées par l’opposition et les groupes de défense des droits de l’homme, qui les qualifient de « farce » en raison du manque de représentation des partis d’opposition.

Amnesty International exhorte l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), dont la Birmanie est membre, à « augmenter la pression contre la junte » lors du prochain sommet des dirigeants à Malaisie à la fin du mois. L’organisation appelle également le Conseil de sécurité de l’ONU à renvoyer la situation en Birmanie à la Cour pénale internationale pour enquêter sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.

Le coup d’État militaire de février 2021 a mis fin à une décennie de transition démocratique en Birmanie et a déclenché un mouvement de protestation qui s’est transformé en rébellion armée. La situation humanitaire dans le pays continue de se détériorer, avec des millions de personnes déplacées et un accès limité à l’aide humanitaire.

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