Publié le 27 novembre 2023. Le ministère de l’Intérieur indien a clarifié sa position concernant le statut de Chandigarh, après une vive polémique politique sur un possible amendement constitutionnel. Le gouvernement central assure qu’il n’a aucune intention de modifier la gouvernance ou la structure administrative de ce territoire.
- Le ministère de l’Intérieur a démenti l’intention de soumettre un projet de loi modifiant le statut de Chandigarh lors de la prochaine session parlementaire.
- La controverse portait sur une proposition d’intégrer Chandigarh à l’article 240 de la Constitution, ce qui aurait donné au président indien le pouvoir de nommer un lieutenant-gouverneur et de promulguer des règlements.
- Le gouvernement central affirme que toute décision concernant Chandigarh sera prise après consultation de toutes les parties prenantes, en tenant compte des intérêts de la ville et des États voisins du Pendjab et de l’Haryana.
La semaine dernière, une proposition visant à placer Chandigarh sous l’article 240 de la Constitution avait suscité de vives réactions, notamment au Pendjab. Cet article permettrait au président de nommer un lieutenant-gouverneur pour le territoire et de prendre directement des règlements, une mesure perçue par certains comme une tentative de contourner les gouvernements locaux.
Selon le ministère de l’Intérieur, cette proposition vise uniquement à simplifier les procédures législatives pour Chandigarh et est toujours à l’étude. Dans un communiqué, le ministère a précisé :
« La proposition visant uniquement à simplifier le processus législatif du gouvernement central pour le territoire de l’Union de Chandigarh est toujours à l’étude avec le gouvernement central. Aucune décision finale n’a été prise sur cette proposition. La proposition ne cherche en aucun cas à modifier la gouvernance ou la structure administrative de Chandigarh, ni à modifier les arrangements traditionnels entre Chandigarh et les États du Pendjab ou de l’Haryana. »
La décision avait provoqué une levée de boucliers au Pendjab, où plusieurs responsables politiques ont dénoncé une atteinte aux droits de l’État sur Chandigarh. Le ministre en chef du Pendjab, Bhagwant Mann, a notamment qualifié cette initiative de « complot visant à s’emparer » de la capitale de son État, affirmant que
« Chandigarh était, est et restera toujours une partie intégrante de l’État. »
Il a accusé le gouvernement central d’agir de manière injuste.
Si elle était approuvée, la proposition aurait pu permettre au gouvernement central de nommer un administrateur indépendant pour Chandigarh, comme c’est le cas pour d’autres territoires de l’Union tels que les îles Andaman et Nicobar, Lakshadweep, Dadra et Nagar Haveli, et Daman et Diu. Cette perspective a rencontré l’opposition de plusieurs partis politiques, dont l’Aam Aadmi Party (AAP), le Congrès et le Shiromani Akali Dal.
Arvind Kejriwal, leader de l’AAP, a également critiqué vivement le gouvernement central, dénonçant une « attaque directe contre l’identité du Pendjab et ses droits constitutionnels ». Il a accusé le gouvernement central de « déchirer la structure fédérale » et de priver le Pendjab de ce qui lui revient de droit. Selon lui,
« Chandigarh appartient au Pendjab et restera au Pendjab. »
Chandigarh, conçue par l’architecte Le Corbusier, est actuellement la capitale commune du Pendjab et de l’Haryana. Depuis 1966, les deux États revendiquent la pleine souveraineté sur la ville, qui reste toutefois un territoire de l’Union.
