Publié le 16 mai 2024. La fraude aux paiements a connu une augmentation spectaculaire en Irlande l’année dernière, avec une hausse de 40 % du volume total des transactions frauduleuses, tirée par la multiplication des escroqueries en ligne et les transferts de fonds illicites.
- Le volume des paiements frauduleux a grimpé de 40 % en 2023 par rapport à 2022.
- La valeur totale des fraudes a atteint 160 millions d’euros en 2024, soit une augmentation de près de 25 % sur un an.
- Les paiements en ligne sont à l’origine de plus des trois quarts de ces fraudes.
Les statistiques de fraude aux paiements de la Banque centrale irlandaise pour 2024 révèlent une tendance alarmante. La fraude en monnaie électronique a été particulièrement prégnante, passant de 3,3 millions d’euros en 2023 à 25,6 millions d’euros en 2024. Les transferts d’argent frauduleux ont également plus que doublé, s’élevant à 20,4 millions d’euros contre 8,2 millions d’euros l’année précédente.
Si la fraude aux paiements par carte a connu une légère augmentation, les fraudes liées aux virements, aux prélèvements automatiques et aux chèques ont, quant à elles, diminué. Néanmoins, l’ampleur de la fraude en ligne reste préoccupante, représentant plus des trois quarts de l’ensemble des fraudes recensées.
Niamh Davenport, responsable de la criminalité financière de la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI), a souligné la nécessité d’une responsabilité partagée pour lutter contre ce phénomène. S’exprimant sur RTÉ Morning Ireland, elle a déclaré :
« Les banques mettent en place de plus en plus de mesures. Par exemple, vous avez pu constater la semaine dernière l’introduction de nouveaux outils de vérification des noms dans le cadre de la vérification SEPA, afin de s’assurer qu’ils correspondent au nom du bénéficiaire du paiement. »
Niamh Davenport, responsable de la criminalité financière de la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI)
Elle a également insisté sur le rôle crucial des particuliers :
« Il y a une surveillance continue des transactions, mais comme les fraudeurs ciblent directement les consommateurs et les incitent à effectuer les paiements plutôt que de pirater les systèmes bancaires, les individus doivent également jouer un rôle clé. Ne cliquez jamais sur des liens dans des communications non sollicitées, utilisez uniquement des sites Web et des détaillants de confiance que vous avez déjà utilisés, et si quelqu’un vous demande d’utiliser votre compte ou de transférer de l’argent vers un compte sécurisé, dites simplement non et réfléchissez bien avant d’agir. »
Niamh Davenport, responsable de la criminalité financière de la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI)
Une étude menée par FraudSmart, l’initiative de sensibilisation de la BPFI, révèle qu’un acheteur en ligne sur cinq a été victime d’une escroquerie l’année dernière, avec des pertes allant de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros. Selon Mme Davenport :
« Le message est clair : les systèmes de paiement sont sécurisés, mais il faut être vigilant quant aux sites sur lesquels nous achetons en ligne. Avant d’effectuer un achat, prenez le temps de vérifier les sites inconnus, soyez attentif aux publicités sur les réseaux sociaux et utilisez des outils de vérification. »
Niamh Davenport, responsable de la criminalité financière de la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI)
La BPFI recommande notamment d’utiliser l’outil Scamchecker.ie, un outil FraudSmart permettant de vérifier la fiabilité d’un site web.
L’Irlande se situe dans la moyenne européenne en matière de fraude aux paiements, mais la tendance est à la hausse à l’échelle continentale, en raison de la coordination croissante des criminels au-delà des frontières. L’accélération des transferts de fonds instantanés contribue également à la propagation des escroqueries à travers plusieurs pays simultanément.
Cependant, l’Irlande se distingue par sa collaboration intersectorielle dans la lutte contre la fraude. Mme Davenport a souligné :
« L’Irlande fait des progrès en matière de collaboration. Nous sommes l’un des rares, voire le seul, pays à avoir mis en place une telle coopération entre les différents acteurs. Grâce à des initiatives comme la base de données partagée sur la fraude et le Forum anti-fraude intersectoriel, nous sommes à l’avant-garde et nous nous efforçons de prévenir la fraude avant qu’elle ne se produise. »
Niamh Davenport, responsable de la criminalité financière de la Fédération irlandaise des banques et des paiements (BPFI)
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