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Avec « Brain Health », Samsung veut diagnostiquer le déclin du cerveau avant tout le monde

Samsung s'attaque au dépistage précoce des troubles cognitifs avec Brain Health, un nouveau service intégré à son application Samsung Health. En analysant en continu des données issues des appareils connectés de l'utilisateur, le géant coréen espère détecter les…

Avec « Brain Health », Samsung veut diagnostiquer le déclin du cerveau avant tout le monde

Samsung s’attaque au dépistage précoce des troubles cognitifs avec Brain Health, un nouveau service intégré à son application Samsung Health. En analysant en continu des données issues des appareils connectés de l’utilisateur, le géant coréen espère détecter les premiers signes de déclin cérébral, parfois des années avant l’apparition des symptômes.

Présenté en amont du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas, qui se tiendra du 6 au 9 janvier, Brain Health s’appuie sur trois types de signaux collectés 24 heures sur 24 par les smartphones, montres et bagues Samsung : la voix, la marche et le sommeil. Ces données sont ensuite analysées par une intelligence artificielle pour identifier des anomalies pouvant signaler un trouble cognitif léger (TCL).

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plus de 55 millions de personnes dans le monde vivent avec une forme de démence, et 10 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Face au vieillissement de la population, le besoin de solutions de dépistage précoce est crucial. Les TCL, qui touchent 12 à 18 % des personnes de plus de 60 ans, peuvent précéder de 10 à 20 ans l’apparition de maladies comme Alzheimer.

L’analyse de la voix est particulièrement prometteuse, car les premiers signes de troubles cognitifs se manifestent souvent par un ralentissement du débit, des variations de rythme, des intonations modifiées ou une instabilité de l’élocution. De même, des changements dans la marche – vitesse, longueur des foulées, équilibre – et des perturbations du sommeil (durée des phases, mouvements, ronflements) peuvent fournir des indices précieux.

En cas de détection d’un changement significatif, l’application envoie une alerte à l’utilisateur ou à un proche. Brain Health propose ensuite des programmes d’entraînement cérébral personnalisés, conçus pour stimuler les capacités cognitives.

Si l’initiative est saluée, elle suscite également des interrogations. « Tous nos appareils connectés recueillent déjà un nombre important d’informations », explique Philippe Amouyel, directeur général de la Fondation Alzheimerchercheur et professeur de santé publique au CHU de Lille. « Par exemple, dans la maladie de Parkinson, les variations d’intonation de la voix sont utilisées pour anticiper le développement de la maladie. Des outils existent déjà, mais pour l’instant, on n’en est qu’au recueil de ces informations. » Il souligne qu’il reste à prouver l’efficacité des programmes d’entraînement cognitif proposés par Samsung.

« Il faut encore attendre que Samsung publie ses études pour valider tout cela », tempère le professeur Amouyel. Il rappelle que d’autres méthodes de diagnostic existent déjà, comme l’analyse du liquide céphalo-rachidien et l’imagerie cérébrale, mais que l’approche de Samsung, basée sur la surveillance passive et continue, pourrait apporter un complément intéressant.

L’application Brain Health s’inscrit dans la stratégie de Samsung de développer des services de santé connectée. En juillet dernier, le groupe a acquis Xealth, une plateforme d’intégration de soins connectant plus de 500 hôpitaux américains, pour environ 115 millions de dollars (environ 102 millions d’euros). Le marché mondial de la santé connectée était estimé à 387,8 milliards de dollars (331 milliards d’euros) en 2025.

Brain Health, intégrée gratuitement à Samsung Health, est actuellement en phase de validation clinique en collaboration avec des institutions médicales.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.