Publié le 7 décembre 2025 23h15. Selon un proche conseiller du Kremlin, les États-Unis ne considèrent plus la Russie comme un acteur central de l’« axe du mal », tandis que l’Europe apparaît divisée sur la stratégie à adopter face à Moscou.
- Les États-Unis semblent moins enclins à considérer la Russie comme une menace majeure, privilégiant désormais la concurrence avec la Chine.
- La Russie tire profit de cette évolution, renforçant ses partenariats avec des pays comme l’Inde et la Chine.
- L’Europe est décrite comme divisée, certains États membres adoptant des positions plus conciliantes que d’autres.
Marat Bachirov, politologue réputé proche du pouvoir russe et ancien premier ministre de la république séparatiste de Louhansk en 2014, estime que l’isolement de la Russie a échoué et que c’est désormais l’Europe qui se retrouve isolée. Il souligne que la récente visite de Vladimir Poutine en Inde a démontré la volonté de New Delhi de poursuivre sa coopération avec Moscou, malgré les pressions américaines. Les accords conclus lors de cette visite, auxquels l’administration Trump s’était opposée, en témoignent.
Selon Bachirov, le changement de paradigme aux États-Unis, qui concentrent désormais leurs efforts sur la concurrence avec la Chine, a conduit à une reconsidération de la Russie. « Pour nous, c’est un bon moment », affirme-t-il, expliquant que les États-Unis souhaitent se débarrasser du « cas ukrainien » et ne considèrent plus la Russie comme une menace existentielle. Il ajoute que cette nouvelle approche pourrait ouvrir la voie à une résolution de la crise ukrainienne, mais que d’autres facteurs entrent également en jeu.
Bachirov met en avant la nécessité de mesures concrètes pour consolider cette évolution, citant notamment le retour des entreprises américaines dans le secteur pétrolier et gazier en Russie, notamment à Sakhaline, où elles pourraient reprendre des parts contrôlées par le groupe français Total. Il appelle également le gouvernement russe à lever les restrictions en échange d’un assouplissement des sanctions américaines.
Concernant les concessions que Poutine pourrait faire, Bachirov estime que le président russe ne cédera pas sur les questions fondamentales liées à l’OTAN, aux territoires ou à la taille des forces armées ukrainiennes. Cependant, il laisse entrevoir une marge de manœuvre sur d’autres aspects de la crise.
Il dépeint une Europe divisée, regroupant trois catégories de pays : ceux qui sont alliés ou amis de la Russie, ceux qui adoptent une attitude belliqueuse (France, Allemagne, Royaume-Uni) et ceux qui restent silencieux, préoccupés par l’unité de l’Union européenne et la question de l’Euro-OTAN, une alliance atlantique affaiblie par le désengagement américain. L’Italie, selon Bachirov, se situe entre ces deux derniers groupes. Il conclut que la Russie n’est pas isolée, contrairement à l’Europe.
« L’Europe a voulu nous isoler, elle n’a pas réussi, et maintenant elle découvre que la seule qui est isolée, c’est elle. »
Marat Bachirov, politologue
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