Une rencontre exhibition entre Aryna Sabalenka, la quadruple lauréate des tournois du Grand Chelem, et Nick Kyrgios, ancien 13e joueur mondial australien, suscite un débat : simple spectacle ou risque de dévalorisation du tennis féminin ? L’événement, prévu au meilleur des trois sets avec un tie-break décisif à 10 points, s’accompagne de conditions de jeu singulières.
Pour cette exhibition organisée par Evolve, les joueuses évolueront sur un terrain 9 % plus petit que celui de Kyrgios, une décision justifiée par des données indiquant que les joueuses se déplacent en moyenne 9 % plus lentement que leurs homologues masculins. Chaque joueur ne bénéficiera par ailleurs que d’une seule tentative de service.
Ces aménagements rappellent l’esprit des célèbres « Batailles des sexes » du passé. Billie Jean King, 82 ans, se souvient avoir refusé toute modification des règles lors de son match contre Bobby Riggs. « J’ai joué Bobby en cinq sets, sur un terrain standard, sans changer quoi que ce soit, » a-t-elle déclaré. « J’ai dit : ‘Je joue à armes égales, sinon je ne jouerai pas’. Et Bobby a adoré ça. »
Le match de King avait lieu quelques mois après la défaite cuisante de Margaret Court, alors numéro un mondiale, face à Riggs (6-1, 6-2) lors de la première « Bataille des sexes ». Cette rencontre s’est déroulée la même année que la création de la Women’s Tennis Association (WTA) par King, et trois ans après la scission d’un groupe de joueuses, surnommées « The Original 9 », avec les instances dirigeantes du tennis.
L’époque était également marquée par l’adoption aux États-Unis du Title IX, une loi interdisant toute discrimination fondée sur le sexe dans les programmes scolaires et éducatifs, et garantissant l’égalité des avantages, des opportunités et du traitement entre les équipes sportives masculines et féminines.
« Mon match était profondément politique, » a ajouté Billie Jean King. « C’était une période culturellement difficile, avec de grands changements à venir. Je savais que je devais le gagner pour un changement sociétal. J’avais beaucoup de raisons de gagner. »
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