Home AffairesBilan de l’année : l’évolution du programme économique du président Trump jusqu’à présent

Bilan de l’année : l’évolution du programme économique du président Trump jusqu’à présent

by Amélie Bernard

L’économie américaine affiche une croissance robuste et une inflation en recul sous la présidence de Donald Trump, mais les nouvelles politiques économiques, notamment une loi fiscale ambitieuse et des tarifs douaniers agressifs, suscitent autant d’espoirs que d’inquiétudes. Alors que l’administration se projette vers 2026, les marchés anticipent une première baisse des taux d’intérêt en avril.

La croissance économique a dépassé les attentes à la fin de 2025, avec une augmentation de la production globale d’environ 4 % à 4,5 % au troisième trimestre. L’administration Trump attribue cette dynamique à une hausse des dépenses de consommation et à un regain de confiance des entreprises, qui investissent et embauchent à nouveau. Parallèlement, l’inflation a ralenti, atteignant 2,7 % en novembre par rapport à l’année précédente, contre 3,1 % estimé par les économistes.

Ces tendances combinées pourraient influencer la stratégie de Donald Trump et de la Réserve fédérale concernant les taux d’intérêt et l’économie dans les mois à venir. Les analystes financiers prévoient une première baisse des taux de la Fed en avril 2026, selon l’outil FedWatch du CME Group.

Au cœur de cette politique économique se trouve la loi « One Big Beautiful Bill Act » (OBBBA), promulguée le 4 juillet 2025. Cette loi fiscale et de dépenses de grande envergure prolonge les réductions d’impôts issues de la loi de 2017 sur les réductions d’impôts et l’emploi (TCJA) et lance de nouvelles initiatives fédérales.

L’OBBBA empêche une augmentation généralisée des impôts pour les particuliers en prolongeant les réductions d’impôts de la TCJA, tout en réduisant de manière permanente les taux d’imposition et en élargissant la déduction forfaitaire. Elle prévoit également l’entrée en vigueur en 2026 de mesures populaires promises pendant la campagne, telles que l’exonération des pourboires et des heures supplémentaires. De plus, elle introduit de nouveaux programmes d’épargne à long terme.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que les Américains pourraient bénéficier de remboursements d’impôts importants au premier trimestre, allant de 1 000 à 2 000 dollars (environ 920 à 1 840 euros) selon le nombre de travailleurs. La Fondation fiscale, un organisme de recherche indépendant, confirme cette prévision, estimant que les remboursements seront plus importants que d’habitude en raison des réductions d’impôts prévues par l’OBBBA.

Un autre pilier de la politique de Trump est la création de « comptes Trump » pour les enfants, des véhicules d’investissement à long terme spécifiquement conçus pour les jeunes épargnants. Ces comptes, disponibles uniquement pour les moins de 18 ans, sont financés par des fonds fédéraux de démarrage, des contributions familiales et, le cas échéant, des dépôts d’employeurs ou d’organisations à but non lucratif. Les particuliers peuvent contribuer jusqu’à 5 000 dollars (environ 4 600 euros) par an, et les employeurs participant au programme peuvent contribuer jusqu’à 2 500 dollars (environ 2 300 euros).

En décembre, Michael et Susan Dell, ainsi que l’investisseur Ray Dalio, se sont engagés à financer ces comptes à hauteur de plus de 6 milliards de dollars (environ 5,5 milliards d’euros) et de plusieurs milliards de dollars respectivement.

Par ailleurs, en avril, Donald Trump a annoncé l’instauration de tarifs douaniers drastiques, baptisés « Jour de la Libération », dans le but de réduire les déséquilibres commerciaux, de relancer l’industrie manufacturière américaine et de renforcer la sécurité nationale. Les critiques craignent que ces tarifs n’augmentent les prix à la consommation et ne provoquent des représailles commerciales.

Malgré ces critiques, les recettes totales des droits de douane ont atteint 215,2 milliards de dollars (environ 198,5 milliards d’euros) au cours de l’exercice 2025, qui s’est achevé le 30 septembre. Cette tendance s’est poursuivie au cours du nouvel exercice financier, avec 96,5 milliards de dollars (environ 89,3 milliards d’euros) collectés depuis le 1er octobre.

La légalité de cette stratégie tarifaire est actuellement contestée devant la Cour suprême, qui doit se prononcer en janvier sur le pouvoir de Trump d’imposer certains droits de douane. Les affaires en question, Learning Resources Inc. c. Trump et Trump c. VOS Selections Inc., portent sur la constitutionnalité de la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux.

« Je crois que nous avons des années de commerce injuste derrière nous », a déclaré Donald Trump, réaffirmant sa conviction que des tarifs douaniers agressifs sont nécessaires pour corriger les déséquilibres commerciaux. Il a également promis que les revenus générés par ces taxes pourraient financer un dividende de 2 000 dollars (environ 1 840 euros) pour les Américains à revenus faibles et moyens.

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