Publié le 9 janvier 2026 22:59:00. L’Iran est le théâtre de manifestations d’une ampleur croissante, réprimées avec fermeté par les autorités. La situation s’aggrave avec des craintes de violences généralisées et des menaces de sanctions sévères.
- Au moins 62 personnes auraient perdu la vie dans les manifestations qui secouent l’Iran depuis deux jours, selon des sources indépendantes.
- L’ayatollah Khamenei a annoncé une ligne dure contre les protestataires, les accusant d’être manipulés par des forces étrangères.
- Les États-Unis ont menacé de recourir à la force, tandis que plusieurs pays européens appellent à la retenue et condamnent la violence.
Les manifestations, qui ont débuté dans plusieurs grandes villes iraniennes, dont Téhéran et Machhad, se poursuivent malgré la coupure d’Internet à l’échelle nationale, rendant difficile la vérification indépendante des informations. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des foules rassemblées dans des lieux publics, souvent confrontées à des forces de sécurité.
La situation est d’autant plus préoccupante que des voix s’élèvent pour dénoncer le risque d’un bain de sang. Shirin Ebadi, lauréate iranienne du prix Nobel de la paix, a exprimé sa crainte d’une répression massive, soulignant que la coupure des communications n’est pas un problème technique, mais une tactique délibérée du gouvernement. Elle a déclaré, vivant en exil :
« Des indications crédibles suggèrent que le gouvernement pourrait tenter de transformer cette nuit en bain de sang sous la protection de la coupure des communications. »
Shirin Ebadi, lauréate du prix Nobel de la paix
Le bilan provisoire des affrontements, rapporté par l’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA), fait état d’au moins 62 morts. Cette information, difficile à confirmer de manière indépendante, est corroborée par l’association norvégienne Hengaw, qui a signalé la mort de dix membres des forces de sécurité dans la ville de Kermanshah, dans l’ouest du pays.
La réaction internationale ne se fait pas attendre. Le président américain Donald Trump a averti Téhéran, affirmant que l’Iran est « en grande difficulté » et menaçant d’une riposte militaire si les forces de sécurité ouvrent le feu sur les manifestants.
« Il vaut mieux ne pas commencer à tirer, car nous commencerons alors à tirer aussi. »
Donald Trump, président américain
Il a cependant exclu l’envoi de troupes terrestres.
La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont conjointement appelé les dirigeants iraniens à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute violence contre les manifestants. Dans une déclaration commune, les Premiers ministres et chanceliers ont également condamné les meurtres de manifestants et les actions des forces spéciales iraniennes.
De son côté, l’ayatollah Khamenei a adopté une posture intransigeante, accusant les protestataires d’être manipulés par des groupes d’opposition en exil et par les États-Unis. Il a affirmé que la République islamique ne céderait pas aux « vandales ». Le chef du pouvoir judiciaire a annoncé des sanctions « décisives, maximales et sans clémence légale », tandis que le procureur de Téhéran a menacé de la peine de mort. Ces déclarations contrastent avec l’appel à une « approche amicale et responsable » lancé la semaine dernière par le président Peseschkian.
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Ce report a été diffusé le 10 janvier 2026 sur Deutschlandfunk.